« Sois heureux un instant. Cet instant c'est ta vie. »
Omar Khayyâm
(Poète et mathématicien persan, disciple d’Avicenne)

 

La femme est la moitié de l’humanité. Lui consacrer chaque année un numéro entier de notre revue semble donc d’une logique légitime.
Cette ligne éditoriale n’est pourtant pas dictée par une logique sèche et statistique, mais par une évidence de pratique médicale en général et homéopathique tout particulièrement.

Rappelons une fois de plus que la femme depuis la puberté jusqu’après la ménopause est bien plus exposée aux aléas médicaux, aux abus et aux mésusages de la thérapeutique, à la réification du corps devenu « objet médical », et au manque d’écoute.
Rien d’étonnant à ce que notre approche thérapeutique homéopathique réponde à ses besoins dans un bon nombre de situations.
En effet, les anti-inflammatoires et antalgiques sont régulièrement efficaces sur les manifestations aiguës douloureuses, mais ils ne sont pas très logiques dans des symptômes où le spasme est bien plus important que l’inflammation elle-même qui en est la conséquence. D’autre part, ces médicaments ne répondent pas à la chronicité des troubles.

L’autre grand chapitre de la thérapeutique féminine est celui des hormonothérapies, de freination, mais surtout de substitution. Qu’il s’agisse d’une double substitution comme pour la ménopause ou d’une substitution lutéale, ces traitements ne sont pas adaptés aux situations chroniques. En revanche, nos grands médicaments gynécologiques en homéopathie, aidés grandement par les médicaments homéopathiques d’origine hormonale ou organique ont une régularité d’action remarquable, sans aucune iatrogénie et avec un résultat pérenne.

Il suffit de voir pour s’en convaincre la manière dont les protocoles, certes simples et peu personnalisés, mais régulièrement actifs, de Folliculinum et de Luteinum dans le syndrome prémenstruel sont recopiés et pris en automédication par les collègues, amies, petites nièces et autres cousines, dès lors que cela a bien marché sur une.

L’homéopathie est donc particulièrement pertinente dans la plupart des situations courantes.
Plus encore, des affections réputées redoutables, que ce soit au niveau des conséquences ou à celui des moyens thérapeutiques, comme l’endométriose, les ovaires micro poly-kystiques, peuvent trouver très souvent des pistes d’amélioration avec nos médicaments. Cela procède du grand art homéopathique et n’est pas à la portée des recettes, mais nous sommes régulièrement surpris par l’efficacité de nos traitements ciblés et personnalisés.

La pathologie tumorale bénigne comme maligne appelle à conseiller un traitement homéopathique. Fibromes et pathologies du sein sont de bonnes indications dans la sphère bénigne. Le cancer, qui échappe à une action curative de nos granules, appelle à ce qu’on prenne en charge la femme qui en est la victime. La notion de soins de support en homéopathie dans le domaine des cancers féminins s’est imposée depuis quelques décennies comme un incontournable.

L’homéopathie et la femme, nos médicaments et la gynécologie, c’est aussi un monde et une sociologie étonnante. Nos sages-femmes, nos gynécologues sont une part très importante des praticiens médicaux ayant une expertise en homéopathie.
Nous avons bien quelques dermatologues, de moins en moins d’ophtalmologistes et de pédiatres homéopathes hélas, quelques rhumatologues, gastro-entérologues ou enfin quelques rares cardiologues. Mais toutes ces spécialités cliniques sont assez anecdotiques en termes d’effectif.

En contraste, un nombre important de gynécologues et une quantité impressionnante de sages-femmes se sont formés ou sont actuellement en formation. Cela suppose un effet de résonance entre une demande des patientes et une soif des professionnels médicaux.

Ce numéro des Cahiers sera une contribution, modeste mais réelle, nous l’espérons pour satisfaire ce besoin d’approfondir ou d’élargir ses connaissances en la matière : la gynécologie homéopathique.


Dr Daniel Scimeca

 

 

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