Le premier médecin qui eut l’idée d’utiliser la partie embryonnaire des végétaux fut le Dr Pol Henry de Bruxelles.
Il était fils de forestier et médecin homéopathe. Il affectionnait les grands arbres des bois de la Cambre et de la forêt de Souane. Il eut cette intuition que la partie la plus active d’un arbre ne pouvait être que les bourgeons, riches de toutes les potentialités futures du végétal.
Cela faisait rupture avec la phytothérapie classique qui utilise principalement la plante entière fleurie, des rameaux, des feuilles, des écorces, ou toutes autres parties de la plante ayant atteint le développement de plante adulte. Le bourgeon n’avait pas retenu l’attention avant lui.

 

Cette intuition fur corroborée à la fois par la recherche et par les résultats cliniques.
Une communication fut présentée par le Dr Pol Henry en 1959 à un congrès du Centre Homéopathique de France (CHF) présidé par Léon Vannier. Différents macérâts de bourgeons frais furent alors préparés par les laboratoires homéopathiques.

Les recherches furent orientées de trois manières :

  • L’analyse chimique des bourgeons, des jeunes pousses, des radicelles fut comparée en qualitatif comme en quantitatif par rapport
    à la plante adulte (plante entière, tige, feuilles, fleurs).
  • L’étude de propriétés pharmacologiques des extraits de bourgeons entiers par rapport à un principe actif isole de la plante entière.
  • L’expérimentation clinique.

Concernant la comparaison entre bourgeons et plante entière, un travail fut réalisé à la Faculté de pharmacie de Lyon par les professeurs Netien et Raynaud. Il mit en évidence chez Ribes nigrum bourgeons (les bourgeons de cassis) :
Sept dérivés anthocyaniques et flavoniques isolés du bourgeon, contre trois de la feuille.
Quant aux acides aminés, il fut constaté que globalement, la teneur en ceux-ci est très supérieure au niveau du bourgeon : (28,6mg/g contre 22,4mg/g).
En outre, fut constaté qu’iI y a prédominance de certains acides aminés, en particulier arginine, proline, alanine et à un moindre degré glycine.
Enfin que le processus de maturation de la feuille entraîne une disparition ou une diminution importante de certains composés (l’arginine par exemple qui passe de 5,7 mg/g dans le bourgeon à 0,77 mg/g dans la feuille).

Il y a donc une palette d’acides aminés bien plus large dans le bourgeon de Ribes nigrum que dans la feuille adulte.
Cela correspond bien au constat clinique de l’utilisation du bourgeon, aux très multiples effets sur la fatigue, l’hypersensibilité allergique, et l’action anti inflammatoire générale et anti oxydante, alors que les effets de la feuille sont assez modestes (action diurétique essentiellement).

Depuis d’autres bourgeons d’arbres ou d’arbustes ont été expérimentés et utilisés avec des effets remarquables.
Hormis les bourgeons, d’autres tissus embryonnaires sont employés. Des jeunes pousses, des radicelles, des écorces internes de tiges. La caractéristique commune de l’ensemble de ces éléments est leur caractère embryonnaire, c’est-à-dire le fait qu’il s’agisse des parties les plus en croissance de la plante, les plus en processus de mitose.

Les plantes ont vis-à-vis des animaux pluricellulaires une caractéristique qui est la variabilité de longévité des différentes parties qui les composent.

Les animaux pluricellulaires ont une embryogenèse, une croissance, un vieillissement et une mort qui concernent la totalité de l’organisme, au même moment (hors exceptions chez les vers et les reptiles).

La plante au contraire n’est pas synchrone dans ces phénomènes du cycle de vie.
La mort des feuilles à l’automne, qui n’entraîne pas la mort de la totalité de la plante en est un exemple. Le bourgeon qui réapparaît au printemps, sorte d’embryogenèse greffée sur un organisme adulte en est un autre.

Nos organismes animaux pluricellulaires n’ont pas cette chance de pouvoir régénérer un organe. Certaines capacités existent, comme la régénération hépatique dans une certaine mesure, l’hypertrophie compensatrice rénale en cas de perte de l’autre rein, ou le renouvellement cutané et des phanères. Mais cela reste limité.

Ce que l’on constate avec ces tissus embryonnaires végétaux, c’est qu’ils sont en mesure d’aider lorsqu’ils sont utilisés comme médicaments à un certain degré de régénération tissulaire chez les animaux supérieurs et l’humain en particulier.

Cela ne se constate pas avec l’utilisation phytothérapique pure, c’est-à-dire avec des teintures ou macérats de bourgeons purs. Cet effet n’apparaît que lorsqu’une dilution/dynamisation selon la technique homéopathique entre en jeu.

Classiquement la dilution dynamisation en première décimale fut utilisée.
On constate plus récemment que des dilutions allant au-delà de cette 1DH ont une action renforcée.

On constate toujours que le tropisme d’action du bourgeon ou du tissu embryonnaire végétal est le même que la plante entière et dans le même sens que l’action classique phytothérapique. Mais là où la plante en phytothérapie agit de manière ponctuelle et selon les mêmes logiques que la pharmacologie classique (effet dépendant de la dose employée, cinétique d’absorption et d’élimination, durée d’action), les dilutions de tissus embryonnaires végétaux agissent dans un sens informationnel de régénération tissulaire.

En particulier, on retrouve un effet plus pérenne des résultats, une sorte d’effet de fond sur les tissus visés.

Deux exemples peuvent venir illustrer cette notion.
Le cassis est connu pour son effet phytothérapique essentiellement anti-inflammatoire, tonique et anti-stress, et enfin diurétique. Il calme les douleurs articulaires par son effet anti-inflammatoire lié à des flavonoïdes ayant une action proche des corticoïdes (cortisone like), ces mêmes substances expliquent en bonne partie son action anti-stress et anti fatigue. Enfin le côté diurétique (au sens phytothérapique c’est-à-dire augmentation de la diurèse hydrique, mais pas natridiurétique) est traditionnellement utilisé en particulier dans les prises de poids, rétentions d’eau et cystites.

Les bourgeons du même cassis ont un effet qui s’inscrit dans ces mêmes tropismes, mais de manière vraiment discernable.

Là où il y a effet diurétique de la plante entière, le bourgeon a un effet de drainage général du corps qui fait de Ribes nigrum bourgeons un draineur assez universel de tous les types de terrain.
Là où il y a effet anti-inflammatoire rhumatismal, le bourgeon a un effet de régénération du cartilage et de ralentissement des phénomènes d’usure arthrosique (test de provocation inflammatoire de l’arthrite à l’adjuvant de Freund).
Là où il y a un effet anti-fatigue et tonique, il y a avec le bourgeon un effet de relance surrénalienne globale (test de résistance au froid chez le rat).

L’églantier est connu pour sa richesse en vitamine C et sa capacité à protéger des infections hivernales.
Les bourgeons d’églantier ont un effet du même tropisme, mais plus en profondeur. Là où il y a augmentation de la résistance aux infections, les bourgeons de Rosa canina ont un effet de restauration durable des défenses immunitaires vis-à-vis des pathologies virales de type grippal mais aussi de la sphère ORL de type rhinopharyngites répétées ou coryzas récidivants.

 

Des dilutions plus hautes

Nous avions bien l’intuition que certains bourgeons méritaient d’être utilisés à des hauteurs plus hautes que la dilution 1DH, particulièrement basse, même si le procédé de cette seule dilution respectait la méthode homéopathique de dynamisation.

Certains patients très sensibles présentaient en particulier avec Ribes nigrum, mais aussi avec Sequoia gigantea, des réactions de même sorte que celles que l’on observe avec des dilutions basses de Sulfur, de Sepia, de Pulsatilla. Il s’agissait de petites aggravations passagères suivies de mieux être mais suffisamment désagréables pour que les patients les signalent ou stoppent le traitement. D’autres patients avaient l’intuition de diminuer la dose et de la prendre dans un volume d’eau plus grand, pensant que la présence d’alcool était à l’origine de ces petits désagréments.

Nous eûmes donc comme objectif de voir quelle était l’action de dilutions plus hautes de tissus embryonnaires. La base de cette intuition était qu’il s’agissait bien d’une action homéopathique (donc inversion effet/dose) et non d’une action pharmacologique classique comme en phytothérapie (proportionnalité effet/dose).

Nos observations sur la 4ème et sur la 6ème décimale nous ont permis de mettre à jour une action plus nette que la 1DH, à notre grande surprise.

Au stade où nous en sommes, une différence nette entre la 4DH et la 6DH est difficile à établir, mais elle est par contre très parlante vis-à-vis de la 1DH.


Une action informationnelle

Les parties embryonnaires des organismes végétaux sont les plus en croissance, les plus en mitose, les plus en actifs correspondant à ce stade de la division cellulaire. La réplication de l’ADN, le travail des ARN, concourent à la fois à la génération de deux cellules-filles à partir de la cellule-mère, et à la régulation des erreurs possibles dans cette opération.
Lorsque l’on dynamise des dilutions de ces parties embryonnaires et donc de tous ces actifs, c’est donc à tous les processus de croissance et de corrections d’erreurs que s’adresse l’information du médicament homéopathique.

Les théories multiples du vieillissement se sont au cours de l’histoire empilées sans vraiment se contredire. Le stress oxydatif, la théorie des erreurs accumulées avec seuil catastrophique et la fameuse limite de Hayflick semblaient tout expliquer et dire pourquoi nous étions destinés à l’apoptose de nos cellules, à la vieillesse, puis la mort, inéluctablement.

Les découvertes de la biologie moléculaire durant ces dernières années ont amené à une meilleure connaissance des modes de réplication de l’ADN et à une connaissance intime des télomères qui n’avaient jusqu’alors qu’une fonction de terminaison.
Ces extrémités de chromosomes qui s’usent à chaque division, expliquant en partie peut être la limite de Hayflick, sont restaurés par une enzyme particulièrement digne d’intérêt : la télomérase. Cette enzyme reconstitue en rajoutant des paires de nucléotides au bout des brins d’ADN, une capacité à des divisions ultérieures.
La presse scientifique humorisant sur un mode sensationnel s’est risquée à parler d’enzyme de l’immortalité, ce qui est une bien tout autre affaire !

Il se trouve que dans un organisme pluricellulaire eucaryote, les parties les plus riches en télomérase sont les parties germinales
et embryonnaires.
Pour les végétaux, il s’agit donc des graines et des parties embryonnaires en croissance.

C’est probablement au moins une partie de l’explication de l’action de nos tissus végétaux embryonnaires dilués et dynamisés.

L’inversion dose/effet ou effet de type hormésis de la dilution dynamisation homéopathique consiste donc à ce que la partie la plus « jeune » au sens biologique de capacité de division cellulaire et d’organisation tissulaire vienne au secours de l’organe ou du tissu malade de l’animal « homme ».
Cette capacité de vieillissement/régénération focal de la plante qui sacrifie sa feuille et éveille sa jeune pousse, entre en résonance avec le vieillissement et les processus scléreux du tissu humain.


Cas clinique

Mme B, 71 ans, nous consulte depuis plusieurs années pour un état arthrosique assez marqué dans un contexte d’hypothyroïdie et de myxoedème à bas bruit, mal compensé chroniquement par la levothyroxine, malgré des taux de TSH satisfaisants.
Elle est un exemple d’école de sycose installée, avec des signes oedémateux marqués, une fatigue chronique, une humeur chroniquement fluctuante à la baisse et une arthrose bien évoluée. L‘hypothyroïdie équilibrée biologiquement mais pas du tout cliniquement entre dans ce cadre classique de sycose.
Elle a reçu différents traitements autour bien entendu de Graphites, de Thuya et surtout de Kalium carbonicum. Son ordonnance comporte aussi du drainage biothérapique, en particulier des médicaments végétaux embryonnaires dont Ribes nigrum et Pinus montana à la première décimale.
Nous la revoyons en août 2017 et reconduisons un traitement, qui sans être miraculeux la stabilise bien et lui donne satisfaction.
Nous modifions simplement les dilutions de Ribes et de Pinus en passant Ribes en 4DH et Pinus en 6DH. Nous la revoyons en décembre, période de classique ralentissement du fait du climat. Elle nous relate une meilleure forme et une mobilité améliorée depuis le dernier traitement. Contrairement aux autres automnes, elle n’a rien attrapé sur le plan des infections saisonnières.
Nous reconduisons ce traitement et la revoyons début mars avec les mêmes critères d’amélioration.

 

Intérêt de l’ensemble de la gamme de médicaments végétaux embryonnaires

Sont actuellement à notre disposition les médicaments suivants en 4DH et 6DH :

Aesculus hippocastanum dilution de bourgeons en macérat glycériné 4DH
Aesculus hippocastanum dilution de bourgeons en macérat glycériné 6DH
Crataegus oxyacantha dilution de jeunes pousses macérat glycériné 4DH
Crataegus oxyacantha dilution de jeunes pousses macérat glycériné 6DH
Ficus carica dilution de bourgeons en macérat glycériné 4DH
Ficus carica dilution de bourgeons en macérat glycériné 6DH
Olea europaea dilution de jeunes pousses macérat glycériné 4DH
Olea europaea dilution de jeunes pousses macérat glycériné 6DH
Pinus montana dilution de bourgeons en macérat glycériné 4DH
Pinus montana dilution de bourgeons en macérat glycériné 6DH
Ribes nigrum dilution de bourgeons en macérat glycériné 4DH
Ribes nigrum dilution de bourgeons en macérat glycériné 6DH
Rosa canina dilution de jeunes pousses macérat glycériné 4DH
Rosa canina dilution de jeunes pousses macérat glycériné 6DH
Rosmarinus officinalis dilution de jeunes pousses macérat glycériné 4DH
Rosmarinus officinalis dilution de jeunes pousses macérat glycériné 6DH
Sequoia gigantea dilution de bourgeons en macérat glycériné 4DH
Sequoia gigantea dilution de bourgeons en macérat glycériné 6DH
Tilia tomentosa dilution de bourgeons en macérat glycériné 4DH
Tilia tomentosa dilution de bourgeons en macérat glycériné 6DH
Vitis vinifera dilution de bourgeons en macérat glycériné 4DH
Vitis vinifera dilution de bourgeons en macérat glycériné 6DH


Leurs indications sont semblables à celles classiques qui sont décrites pour les 1DH (voir Cahiers de Biothérapie N°223 sur le Drainage).
Vous pouvez d’ores et déjà faire profiter vos patients de cette thérapeutique homéopathique de régénération tissulaire focalisée.
Cela est particulièrement indiquée chez les seniors dans des processus de modes réactionnels chroniques. La psore s’est dégradée ; elle s’est fait parasiter par la sycose du ralentissement ; elle s’est faite scléroser par la luèse.

 

Dr Daniel Scimeca

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