« Les voies et les chemins d’où qu’ils partent,
où qu’ils aillent ne font que venir à l’endroit où nous sommes »
Patrick Chamoiseau

 

Le masculin en homéopathie

En mars 2014, le numéro 240 de notre revue avait pris le thème de la femme éternelle pour aborder cette moitié de
l’humanité médicale par le bon bout de la santé plutôt que de la pathologie.
En juillet 2016, le numéro 252 reprenait l’angle de la pathologie avec un thème consacré à la gynécologie et à l’obstétrique.
Plus récemment en décembre 2017, nous faisions dans le numéro 259 un focus sur le sein, sa figure symbolique autant que sa fragilité et ses pathologies.

 

Rien d’étonnant à ce que les thèmes féminins reviennent de façon régulière dans nos colonnes. Une certaine inégalité biologique donne un bonus (ou plutôt faudrait-il parler d’un malus) aux chapitres féminins de la médecine en général et de la thérapeutique homéopathique en particulier. D’autre part, nombre de nos lecteurs sont des lectrices sages-femmes ou gynécologues. Les sages-femmes expertes et formées en homéopathie, les sages-femmes en cours de formation sont de plus en plus nombreuses à nous lire et il est bien légitime que notre revue s’adapte à son lectorat.

Pour autant, une pathologie plus strictement masculine ne saurait être passée sous silence. L’éditorialiste que je suis ne se risquera pas à dire que nous aussi nous souffrons ! Ce serait attirer les coups de bâtons qui j’en suis sûr ne manqueraient pas de pleuvoir.

Ce numéro est donc consacré au masculin. Nous n’avons pas osé écrire comme titre « l’éternel masculin » pour faire miroir au numéro 240. En effet, beaucoup de mots ne supportent guère le changement de genre. « L’éternel masculin » nous renverrait à des clichés peu glorieux. L’actualité de l’année venue d’Hollywood montre qu’il y a homme et homme. Nous savons dans quel camp nous sommes et en qualité de praticien, nous savons depuis longtemps dans nos cabinets qu’il y a l’homme qui assume, le père présent, le compagnon solide… Nous savons aussi qu’il y a l’autre… Celui qui n’assume rien et que nous attendons désespérément accompagnant l’enfant venu consulter pour troubles du comportement.

Au-delà de cela la médecine est bien obligée de fluctuer au-dessus du tumulte des injonctions sociales. A la jeune fille, la société toute entière hurle dans les replis de son inconscient, sois un corps !
L’anorexie, la négation du corps peut parfois devenir l’impasse d’un refus.
Au jeune garçon, la société hurle tout autant d’être un agir. Des phénomènes plus récents que l’anorexie, comme les hikikomoris japonais (qui semblent arriver en Europe aussi) montrent qu’un adolescent mâle, cloîtré dans sa chambre peut aussi être dans l’impasse d’un refus.

Les chiffres des femmes qui souffrent, qui décèdent même sous les coups des maris nous font hurler de honte dans notre société de civilisation et de hautes valeurs. Les chiffres bien plus modestes des hommes battus ne sont cependant pas plus glorieux. Que de souffrance et de culpabilité pour le sexe fort qui prend des coups.

« Tu seras un homme mon fils », disait Rudyard Kipling et ce poème adressé à son propre fils a fait rêver des générations d’adolescents. Le fils myope fut réformé mais pistonné par le père il s’engagea tout de même. Il fut tué lors de sa première bataille.

Ce numéro parlera de prostate comme de sexualité, du côté physique comme du côté psychique, du côté glorieux, comme des côtés plus sombres. L’homme est comme la femme de nature double.
Il partira de l’adolescence, abordera les difficultés liées à la sexualité, au monde du travail, au comportement parfois trop imprégné de testostérone et se terminera par la pathologie de l’homme vieillissant, lui aussi.

L’homéopathie a de nombreuses possibilités en ce domaine et cela n’est pas toujours suffisamment connu. Puisse ce numéro vous intéresser d’abord, vous apporter des informations ensuite pour pouvoir aborder ces pathologies masculines sous l’angle rond des granules.

Dr Daniel Scimeca

 

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