« C’est ce que nous pensons déjà connaître qui nous
empêche souvent d’apprendre. »
Claude Bernard

Homéopathie - les grandes indications

Nous les pensons contemporains et ils le furent. Le père de la médecine expérimentale et celui de l’homéopathie ont côtoyé la même planète durant 30 ans.
Si Samuel Hahnemann avait 58 ans lorsque Claude Bernard vint au monde, la plus grande longévité du premier explique qu’ils purent être contemporains.
On prête à leurs idées une certaine similitude, du fait du caractère expérimental de l’application de la loi de similitude par Hahnemann.

Au plan épistémologique, cela est correct, sans pour autant forcer le trait.

Ils s’inscrivent tous les deux dans une prise de distance vis-à-vis de l’empirisme. Pour Claude Bernard, l’expérience est princeps et il donne au fait expérimental un statut majeur. Pour Samuel Hahnemann, les propriétés des médicaments homéopathiques découlent du résultat de l’expérimentation sur l’homme sain.

L’empirisme n’a pas vocation à être jeté aux orties, on le retrouve en particulier dans les nombreux exemples de sérendipité de nos thérapeutiques (le minoxidil, anti-hypertenseur qui fait repousser les cheveux, antidépresseurs qui aident au sevrage tabagique, anti-allergiques devenus somnifères, etc.)

Le raisonnement expérimental se retrouve en homéopathie aux deux bouts du médicament. A l’entrée bien sûr par l’expérimentation pathogénétique, mais à la sortie aussi par la confirmation clinique. Cette confirmation à posteriori se retrouve dans l’enrichissement que font les répertoristes par leurs succès ou leurs échecs. Elle se retrouve aussi dans l’utilisation de certains médicaments de drainage, dont les indications furent posées de la même manière.
Aucun raisonnement aussi érudit soit-il ne tient la route en se cognant à l’échec thérapeutique. L’expérience prime tout.

C’est cette expérience que ce numéro des Cahiers a vocation de vouloir transmettre à son humble mesure.

L’expérience des homéopathes chevronnés est celle qui est conférée par les succès et forcément par les échecs.
Cette expérience nous indique que certains groupes de pathologies sont plus accessibles que d’autres.
Nous les appellerons les autoroutes de l’homéopathie.
Soigner un syndrome prémenstruel par homéopathie est presque inratable. Espacer les épisodes infectieux hivernaux chez l’enfant est chose assez aisée. Il en va de même pour quelques autres indications.

Cela tombe très bien car ces grandes indications fiables sont les motifs de consultation les plus fréquents.
Ces grandes indications, ces grands tableaux cliniques, méritaient un focus particulier de notre revue. Voilà chose faite.
Espérons que cela pourra concourir à former les débutants, éclairer les aguerris et conforter les experts.

Nos patients et leur satisfaction sont notre seul atout majeur dans cette période de tempête. Plus que des preuves qui existent déjà et que certains refusent de voir, l’expérience, toujours elle, et le mieux-être des patients constituent notre cap à tenir dans la tourmente et les bourrasques. La devise parisienne peut momentanément être la nôtre. Voguons au-dessus des flots glauques de la mauvaise foi.
Nos patients comptent sur nous.

Dr Daniel Scimeca

 

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