Une synergie de similitude

1796
Samuel Hahnemann, médecin allemand, découvre un grand principe thérapeutique qu’il nomme homéopathie en s’appuyant sur ce qu’il érige en loi : la similitude.
Depuis plus de deux siècles et malgré les attaques acerbes de détracteurs bornés s’arrogeant de manière unilatérale et non fondée le rôle du cerbère de la science, ce principe de similitude nous permet de soigner efficacement nos patients.

1796, Edward Jenner, médecin anglais, met en pratique sa théorie sur la similitude entre deux maladies. La première est la variole, ou petite vérole qui décime un tiers de ceux qu’elle atteint. La deuxième est la vaccine, maladie qui ne touche l’homme que de manière bénigne, mais qui touche la vache (d’où son nom) et qui donne des symptômes similaires à la variole humaine.
Les deux virus sont des pox virus, mais leurs cibles sont distinctes. Il existe cependant une similitude de symptômes. Outre les symptômes généraux, l’éruption est faite d’un exanthème se transformant en papules, puis vésicules puis croutes très caractéristiques.
Sur cette similitude, Jenner invente un principe de traitement et surtout de

prévention de cette maladie variolique terrible.
Le nom de vaccination (en rapport avec cette origine historique bovine) désignera cette méthode thérapeutique. La vaccination anti-variolique aboutira à une éradication de la maladie. L’OMS le déclare en 1980.

Attentifs au principe de synchronicité cher à Carl Gustav Jung, nous avons toujours veillé à garder cette simultanéité de date, comme un élément marquant du progrès médical. Cela indique probablement, comme toujours en science, que les idées progressent dans une sorte d’inconscient collectif et que régulièrement des esprits brillants deviennent les catalyseurs de découvertes qui ne doivent rien au hasard. Au jeu de la contingence et de la nécessité, la science comme tous les progrès de la conscience humaine est guidée par la nécessité et parfois secouée de contingences.

Quelles réflexions peut-on alors mener sur la similitude (une de plus) entre homéopathie et vaccination ?

Mon propos est ici de lancer cette réflexion sous la forme de questions, qui me semblent trop souvent avoir des réponses erronées dans le grand public comme dans les meilleurs esprits.

Homéopathie et vaccination, est-ce un peu la même chose ?
Y a-t-il une opposition entre homéopathie et vaccins ?
Le vaccin est-il un médicament à part ?
Les homéopathes sont-ils anti-vaccins ?

Homéopathie et vaccination, est-ce un peu la même chose ?
OUI et NON.

Nous l’entendons parfois dans la bouche de nos patients. L’homéopathie soigne le mal par le mal, comme un vaccin.
Ce qui est une manière de voir, pas si erronée, le principe de similitude hahnemannien.
L’homéopathie comme la vaccination reposent sur un principe de ressemblance entre la maladie, ses symptômes, et le médicament. En homéopathie, il s’agit d’un tableau général expérimenté sur des sujets sains. Lorsque le patient présente les signes du médicament à dose toxique, on lui prescrit. Il s’agit donc d’une ressemblance de symptômes. Cette ressemblance phénoménologique suppose bien évidemment une ressemblance au plan des mécanismes. Si Phosphorus est un grand médicament du foie et des hépatites, c’est bien parce que le phosphore a une toxicité hépatique réelle à dose pondérale. Ainsi ce même phosphore soignera le foie, à dose infinitésimale, y compris lorsque c’est un virus ou l’alcool qui en sont la cause.
Dans la vaccination, cette ressemblance a historiquement été liée aux symptômes. Les papules de la vaccine sur les mamelles des vaches « ressemblent » aux papules de la variole humaine. Très vite, et avec Pasteur qui généralisera ce principe de vaccination, d’abord avec la rage, on s’écartera de cette ressemblance de symptômes pour évoluer vers la ressemblance au plan immunitaire.

Il convient de noter que la similitude peut concerner d’autres domaines de la thérapeutique.

Un cas très parlant nous semble être celui de la relation entre antibiotiques et mycètes. Historiquement, et encore dans les faits, les antibiotiques sont des « champignons qui ont réussi ». Depuis Flemming, la plupart des antibiotiques sont obtenus à partir de mycètes.
On constate bien évidemment qu’une des plaintes les plus fréquentes de nos patients après une antibiothérapie (surtout chez les femmes) est la survenue de mycoses digestives, gynécologiques. Le type même de dysbiose générée ainsi est fortement lié à des mycètes de type candida mais aussi à d’autres types de mycètes. Ce n’est pas un hasard si nos médicaments homéopathiques mycéliens sont principalement actifs sur les déséquilibres immunitaires. Il y a bien une similitude entre immunité d’une manière globale et monde mycélien.

Si l’homéopathie reste très attachée au symptôme et applique la similitude de manière assez stricte, nous savons qu’une autre similitude joue au niveau des mécanismes. Nous l’avons dit pour Phosphorus. Pour Nux vomica ou Ignatia, c’est bien la présence de certains actifs en particulier strychnés, qui expliquent le caractère extrêmement spasmodique des symptômes observés.

La vaccination, quant à elle, applique la similitude principalement au niveau immunitaire.

Le vaccin n’est utilisable que s’il est incapable de provoquer la maladie elle-même (principe d’innocuité, commun avec l’homéopathie), et s’il est capable de provoquer une réaction immunitaire curative parfois, préventive le plus souvent, contre l’agent agresseur infectieux.
Cela joue au niveau de l’immunité cellulaire comme humorale.

 

Y a-t-il une opposition entre homéopathie et vaccins ?
NON, clairement.

Le médicament homéopathique n’a aucune incompatibilité avec d’autres types de médicaments. Sa prise nécessite, pour être efficace, d’être distante d’un temps suffisant avec d’autres prises médicamenteuses. Ainsi, on prend souvent ses granules le matin, en premier, car la muqueuse de la bouche est ainsi libre de toute autre substance qui pourrait perturber le passage de l’information homéopathique. On prend ensuite, cinq à dix minutes plus tard, qui sa levothyroxine, qui son anti-hypertenseur, qui son antidiabétique. Le petit-déjeuner suivra. Un vaccin est un médicament particulier puisqu’injectable d’abord, ne passant pas par la bouche, et à la posologie parcimonieuse (au plus une injection à un mois d’intervalle, mais souvent un an, cinq ans ou dix ans). Les traitements homéopathiques s’inscrivent dans une vision intégrative de la médecine et s’associent donc parfaitement à tous les autres traitements nécessaires. Leur rôle est par contre clairement d’éviter les mésusages et de réduire la prise de médicaments classiques non nécessaires.

Les traitements homéopathiques ont un rôle de stimulation très globale des défenses immunitaires, avec peu de spécificité. Thymuline est un grand médicament de l’immunité générale et virale en particulier puisque le thymus est lieu de fabrication des lymphocytes T. Son utilisation en début d’automne permet aux patients d’être globalement plus résistants, mais il ne prévient pas une infection pneumococcique (comme peut le faire le Prevenar®) de manière ciblée. Le médicament homéopathique protège globalement, mais
il ne vaccine pas.
Le vaccin vaccine, pléonasme nécessaire, mais il stimule peu l’immunité de manière globale. Il ne protège que contre la maladie à laquelle il est destiné.


Le vaccin est-il un médicament à part ?
NON.

Le vaccin est un médicament à part entière

Même s’il présente cette caractéristique double d’être utilisé en prévention pure chez un patient qui ne se plaint de rien et d’être injectable. Pour le premier critère, il n’est pas isolé puisque les vitamines, le fer, peuvent être utilisés, durant la grossesse en particulier, alors qu’aucune carence n’est encore observée.
Pour le deuxième critère, il n’est bien évidemment pas le seul médicament injectable, même si la pharmacocinétique des médicaments a fortement évolué et rendu bien plus rare l’utilisation de médicaments injectables que dans les années 70 ou 80.

Le vaccin n’est pas un médicament à part.

Ce qui semble poser beaucoup de questions n’est pas celle des éléments anatoxiniques, bactériens ou viraux qui le composent, mais celle des excipients.
Nous regrettons pour notre part que cette question des excipients ne soit focalisée que sur les vaccins, alors que les exigences d’innocuité des excipients devraient être abordés pour tous les injectables et même pour les formes orales.
Nous espérons que dans les temps à venir, cette question soit abordée de manière transparente par l’industrie, sous l’impulsion des pouvoirs publics. Il en va de la relation de confiance avec les usagers patients. Cette confiance ne peut, en 2019, qu’être restaurée par le dialogue, la transparence, et pas par la coercition.


Les homéopathes sont-ils anti-vaccins ?
NON.

Les homéopathes sont des professionnels de santé homéopathes. Ils sont médecins, pharmaciens, sages-femmes, dentistes, vétérinaires.
Peut-on imaginer un professionnel de santé prendre position contre une gamme thérapeutique sans discernement ?
Peut-on être « contre » les antibiotiques, sans discernement de molécule, d’indication, de pertinence thérapeutique vis-àvis d’un patient ou d’une pathologie ?
Il serait donc totalement absurde que des professionnels de santé prennent une position globale d’opposition non discernante.

Les professionnels de santé homéopathes sont avant tout attentifs à la pertinence de l’utilisation des médicaments,
de manière globale. Ils peuvent donc avoir un avis ciblé et parcimonieux, mais en aucun cas abonder dans l’opposition systématique.

Nous savons bien que nos patients sont très sensibles aux arguments des anti-vaccinaux systématiques. Nous contribuons plutôt à une information honnête à leur niveau afin qu’ils sachent trier les bonnes informations, des rumeurs complotistes.

D’où vient ce mythe qui nous mettrait dans le camp des antivaccinaux systématiques ?

Cela se retrouve dans la lecture un peu trop littérale de la littérature homéopathique classique et de la notion de mode réactionnel sycotique. Ce mode réactionnel ou terrain particulier de sycose est marqué par un ralentissement général, physique, psychique, métabolique et d’une tendance à la chronicité de certaines affections en particulier ORL et génito-urinaires. On attribue à ce ralentissement général, à cet engluement métabolique, un abus, une accumulation, de substances chélatrices et non ou mal métabolisées.
Parmi ces substances qui « encrassent » véritablement le terrain et ralentissent vers le mode réactionnel de sycose figurent plusieurs éléments.
En premier les pollutions liées à l’environnement. S’y ajoutent une pollution virtuelle liée au stress et aux soucis, chagrins et autres traumatismes émotionnels. L’abus de médicaments est également un facteur d’évolution vers la sycose. Cela est bien logique puisque l’absorption de médicaments oblige l’organisme à une élimination des métabolites, une fois l‘action réalisée. On retrouve là le souci que nous avons d’éviter tout mésusage et donc toute utilisation trop répétée et non nécessaire. C’est dans ce cadre qu’est souvent décrit l’abus de vaccins ou plus exactement, l’utilisation trop rapprochée.

C’est ainsi que notre vision du terrain des patients et des fameux modes réactionnels chroniques nous fait discerner les groupes de patients pour lesquels une surveillance des accumulations médicamenteuses (les patients évoluant vers la sycose) est plus judicieuse que jamais.

Dans la pratique de nos cabinets, nous drainons régulièrement une population de patients qui cherchent parfois des solutions magiques de remplacement, pas seulement de vaccins. A cet égard, nous jouons un rôle de recadrage dont nous pouvons nous glorifier.

Notre qualité d’écoute, notre manière de dialoguer et de respecter, sans arrogance, nous permet régulièrement de vacciner des enfants dont les carnets de santé arrivent totalement vierges à nos consultations.
Nous ne sommes pas des anti-vaccins ; nous sommes souvent les voitures balais de la mauvaise couverture vaccinale.

La solution à la crise de confiance sans précédents de la population vis-à-vis des vaccinations passera nécessairement par du dialogue, du partage, du discernement. Nous sommes fiers d’y contribuer pour une grande part.

 

Dr Daniel Scimeca

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