« Il pleure dans mon coeur, comme il pleut sur la ville »
Paul Verlaine

 

Pourquoi le cardiovasculaire ?

Le domaine cardiovasculaire est passionnant à plusieurs titres. Pour notre part, la cardiologie nous a séduit très tôt pour sa finesse et son caractère scientifiquement précis. La médecine est science molle, nous le savons bien. Cela signifie qu’il est des territoires où elle est plus solide que d’autres qui sont bien plus fluides.
Au chapitre de la fluidité, la sphère psychique est la plus représentative. Au chapitre de la rigueur et de la précision, l’orthopédie est sûrement concernée.
La cardiologie et l’angiologie qui va avec, nous ont toujours semblé très exigeantes au plan des outils scientifiques qui les servent.
Une plaisanterie classique dans le milieu des cardiologues consiste à dire que leur profession est celle d’un plombier qui aurait aussi fait un diplôme d’électricien, ou l’inverse, comme on voudra.
La pathologie, en effet, se retrouve à la fois dans cette extraordinaire tuyauterie du vivant, avec cette nécessité que tout circule, au bon moment, au bon endroit, avec la bonne pression, et sans turbulence, et dans ce câblage pas moins fascinant d’une pompe cardiaque qui assure sans relâche jusqu’à la dernière systole, la pulsion de vie.

Le passage du vivant à la pluricellularité a introduit la spécialisation cellulaire et la perte de la totipotence. Cela a exigé

l’émergence de grandes voies de communications, afin d’assurer une cohérence de l’ensemble et une solidarité entre les cellules qui ne faisaient pas toutes la même chose.
Deux grandes voies de communications assurent cette intégration générale d’un individu pluricellulaire : le système nerveux et le système circulatoire.
La particularité de la circulation sanguine est qu’elle transporte du matériel physique en même temps que de l’information, contrairement au système nerveux qui véhicule seulement de l’information.

Par la circulation de notre sang, c’est avant tout la nutrition et la respiration des cellules qui est assurée. Échanges d’oxygène et de dioxyde de carbone, apports de glucose et de nutriments, élimination des déchets, nécessitent un transport physique d’éléments et de molécules.
C’est aussi le message hormonal qui transite par le sang et qui assure ainsi un transport d’informations.

Un numéro consacré à la sphère cardiovasculaire dans une revue d’homéopathie ne peut manquer à tout ce qui fait notre spécificité.

Nous sommes parfois amenés à proposer des solutions alternatives à des problèmes où le médicament classique semble inapproprié, trop lourd, trop invasif. L’homéopathie est une solution efficace et sûre dans certains troubles du rythme fonctionnel et sans enjeux. Elle soulage tout aussi efficacement des troubles fonctionnels veineux ou
hémorroïdaires.

L'homéopathie, soin complémentaire ou de support dans le cardiovasculaire

Nous sommes souvent amenés à utiliser l’homéopathie en soin de complément ou de support de traitements classiques nécessaires. Ce sera le cas dans le syndrome métabolique, les artériopathies et coronaropathies. La prise en charge des éventuels effets secondaires (peu prégnants il faut le dire en cardiologie), la prise en compte du
psychisme, de l’état général du patient, de l’aide apportée par l’homéopathie au respect d’une certaine hygiène de vie, sont des éléments essentiels dans la globalité d’un traitement. C’est la notion de médecine intégrative qui commence à bien convaincre l’ensemble de la communauté médicale, mauvaises fois exceptées.

Nous sommes aussi amenés à avoir ce regard sur le terrain par l’approche du mode réactionnel chronique. Bien sûr nous disons cela tout le temps et sur tous les sujets. Nous avons d’ailleurs raison, au risque de nous répéter. En cardiologie cela est tellement particulièrement vrai.

L’atteinte du cardiovasculaire est surtout luétique, répète-t-on à juste titre.
Mais la psore fait le lit de la pathologie cardiovasculaire puisqu’elle accumule et additionne les facteurs de risque.
La sycose intervient bien plus qu’on le pense, sur le versant veineux comme sur le coeur droit et la circulation pulmonaire.
Le tuberculinisme est le royaume des déséquilibres ioniques et de l’hypersensibilité si importante dans ce domaine où le mot coeur désigne tout à la fois une pompe et un lieu intime de ressenti.

Ce regard du mode réactionnel chronique, ce rééquilibrage de la psore comme du tuberculinisme, cette lutte acharnée contre le ralentissement sycotique et la destruction luétique, qui peut l’avoir à notre place ?

Bonne lecture.


Dr Daniel Scimeca

 

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