Le vingt et unième siècle sera informationnel ou ne sera pas !

L’homéopathie n’est pas une thérapeutique du passé !

Créée il y a plus de deux siècles, la thérapeutique homéopathique a évolué. Restant fidèle à son créateur, elle a su s’adapter aux paradigmes de la science d’aujourd’hui. Fidélité ne veut pas dire hagiographie. Hahnemann fut un critique de son temps et en aucun cas un conservateur de traditions. Lui être fidèle ne peut consister à coller à sa pensée comme le sparadrap du fameux capitaine. Lui être fidèle consiste à relater les vérités de notre temps ; dénoncer les mensonges et les  mésusages comme il le fit toute sa vie pour son époque. Il condamnait les pratiques aveugles, non fondées sur un raisonnement valide ; il combattait l’utilisation inappropriée des substances hautement iatrogènes de son temps, il combattait la suppression, c’est à dire le traitement purement symptomatique, sans s’attaquer à la cause.
De notre côté, en 2019, nous devons condamner les mésusages médicamenteux en matière de psychotropes, d’antalgiques

et des si précieux antibiotiques. Nous devons condamner les mensonges d’une « evidence based medicine » dévoyée de son sens premier au profit d’un réductionnisme scientiste qui ne tient pas compte de la globalité de l’être et de l’humain de l’homme.

 

L’homéopathie n’est pas la thérapeutique d’un présent serein !

Depuis le printemps 2018, nous assistons à une intensification des attaques contre l’homéopathie, qui atteint un degré de passion, d’agressivité, qui laisse songeur.
Le débat scientifique est chose normale et saine. D’ailleurs depuis des décennies, des remises en question n’ont jamais manqué et nous assistions périodiquement à des attaques. Calmement et posément, la recherche et les études venaient apaiser le débat en montrant une efficacité des hautes dilutions, aussi bien sur le plan des modèles fondamentaux in vitro, qu’en pratique clinique, humaine ou vétérinaire. Ce qui s’est joué en 2018 est bien trop passionné pour être sérieux, trop acharné pour être guidé par la science ou un souci éthique pour les patients.

Cette année 2019 va voir se positionner clairement le débat aussi bien du point de vue scientifique que surtout politique.

  • L’action des hautes dilutions est prouvée par les travaux de Rey, par ceux de Demangeat, entre bien d’autres.1,2
  • La loi de similitude est un cas particulier de l’effet hormésis, qui est établi scientifiquement et qui montre que l’effet biologique d’une substance varie en fonction de la dose et particulièrement dans les ultra hautes dilutions.
  • La preuve clinique d’action des produits homéopathiques est prouvée sur l’animal, sur l’homme par de nombreuses études cliniques.4
  • Le service médical rendu est prouvé par l’étude EPI3, et cette même étude montre que l’homéopathie répond aux exigences de santé publique en termes de consommation moindre d’antibiotiques, d’antalgiques, de psychotropes.5
  • Les biais méthodologiques iniques qui poussent nos détracteurs à nier les effets de l’homéopathie commencent à être clairement vus. En particulier les partis pris sur les critères d’inclusion des études en fonction d’un grand nombre de patients, passant ainsi à la trappe la spécificité du médicament homéopathique par rapport à un patient.6

Tout cela est bien clair. La décision qui sera prise ne sera pas une décision forcément basée sur la science qui est aussi la nôtre. Elle ne sera pas forcément une décision basée sur le service rendu qui est incontestable. Elle sera un choix politique.

Nous verrons donc.

Le présent n’est pas serein… Nous oui !

 

L’homéopathie est une médecine du futur

La connaissance de la matière évolue à grands pas. La compréhension de ce qui se joue à très petite échelle progresse vite. Le paradigme du pondéral vit ses dernières heures et nous allons, j’en suis sûr, assister à de grands bouleversements dans cette science molle et macroscopique de la biologie. La vision grossière de la vie cellulaire et surtout de la communication entre les cellules va très vite évoluer. L’informationnel va supplanter le strictement pondéral dans tous ces domaines. C’est même étonnant qu’en pleine révolution numérique et à l’heure où le paradigme de l’information a envahi toutes les sciences, la biologie et la médecine restent en panne dans une vision très réductrice. Je ne doute pas que l’explication de l’efficacité du message homéopathique s’imposera dans les années à venir. On ne peut en particulier comprendre la communication intercellulaire par le vieux modèle clé serrure. On sait d’ores et déjà que la clé ne trouve pas la serrure par hasard  à la surface de la cellule et qu’une communication s’opère en amont de la rencontre.
L’information biologique et la communication biologique priment tout. L’autre aspect qui permet d’espérer est la progressive sortie du modèle réifiant de la relation thérapeutique. Les critères de la  WONCA (World Organization of National Colleges, Academies and Academic Associations of General Practitioners/Family Physicians) en matière de relation thérapeutique en médecine générale sont bien loin de ce que l’on veut nous faire croire en matière d’Evidence based medicine (EBM).7 On y trouve en particulier des critères tels que :
Elle développe une approche centrée sur la personne dans ses dimensions individuelles, familiales, et communautaires.
Elle utilise un mode de consultation spécifique qui construit dans la durée une relation médecin-patient basée sur une communication appropriée.
Elle répond aux problèmes de santé dans leurs dimensions physique, psychologique, sociale, culturelle et existentielle.

Quant à cette fameuse EBM, elle ne doit pas amener à une erreur de traduction. Evidence en anglais signifie preuve dans un sens très large. Il existe d’autres mots comme « proof » pour la preuve objective. Évidence a le sens de la preuve en tant que témoignage. De médecine par les preuves, nous pourrions passer à la médecine par l’épreuve !
L’EBM repose sur trois piliers d’importance égale : l’expertise du praticien, l’expertise du patient et les données externes objectivables.8

La tendance actuelle est de réduire ce trépied aux seules données externes, comme une sorte de gage d’objectivité absolue, ce qui constitue à la fois un pléonasme et la mentalité ambiante.
Cela entraîne deux conséquences :
- La médecine vise à soigner un individu moyen… qui n’existe pas.
- La recherche d’une objectivité applicable au plus grand nombre efface toutes les données, pourtant probantes, menées sur des groupes plus restreints, voire sur un cas précis. Cela fait la part belle aux thérapeutiques les plus grossières, les plus
intrusives, et laisse sur le côté les approches plus fines dans lesquelles la spécificité du patient est prise en compte.

Nous savons bien que cette EBM dévoyée et réduite n’empêche pas les scandales sanitaires et que sa promesse d’une médecine qui serait parfaite n’est pas tenue.
Prises dans leurs vraies définitions, la thérapeutique homéopathique s’inscrit parfaitement dans les critères de la « bonne médecine » au sens de la WONCA, comme au sens de l’EBM.

 

Une vraie recherche pour demain

Depuis les premiers travaux et jusqu’à présent, la recherche en homéopathie a toujours reposé sur quatre éléments « de preuve », comme nous l’avons dit plus haut :

  1. Preuve de la véracité de la loi de similitude (recherches hormésis)
  2. Preuve de l’action biologique de hautes dilutions (recherches fondamentales)
  3. Preuve de l’action du médicament homéopathique (recherches cliniques)
  4. Preuve des effets positifs de la pratique et de la prise en charge homéopathique (recherche pharmaco épidémiologique)

Donc quatre axes de recherche et quatre recherches de preuve.
Rien d’autre.

Comme nous l’avons dit plus haut, ces quatre items peuvent être positivement cochés.

Il reste que la totalité de la recherche est occupée par la recherche de la preuve, au détriment d’autres types de recherche à même de faire progresser la méthode.
Que dirions-nous si nous étions encore obligés de prouver qu’opérer de l’appendicite est favorable à l’espérance de vie ?
Les techniques chirurgicales et anesthésiologiques n’auraient, du coup, pas beaucoup progressé !

La recherche de demain a bien d’autres sujets à explorer :

Pourquoi certaines dilutions marchent mieux que d’autres ?
Certaines améliorations se produisent après une dose unique ; pour d’autres, il faut la prise régulière de granules. Pourquoi ?
Certains médicaments homéopathiques semblent très spécifiques et nécessitent un haut degré de similitude. D’autres au contraire semblent marcher sur un spectre de patients et de tableaux un peu plus large. Pourquoi ?
Les hautes dilutions s’adressent aux signes psychiques, pourtant Ignatia et Gelsemium sont très utilisés en 9CH seulement. Pourquoi ?
Les basses dilutions sont censées drainer et stimuler les processus biologiques. C’est un constat clinique, mais existe-t-il une étude homéo 4CH versus homéo 30CH pour le prouver ?

Nous nous exprimons depuis de nombreuses années pour dénoncer cette obsession de la preuve et la justification permanente qui retarde.
Nous appelons de nos voeux de nouvelles études pratico-pratiques, qui nous feraient progresser dans la méthode.
Nous souhaitons l’avènement d’une médecine informationnelle dans un monde qui l’est déjà dans de nombreux domaines.
L’homéopathie n’aurait pas le monopole d’une telle approche.
Les progrès des thérapies géniques, la mise au point d’un pancréas artificiel, sont aussi de ce registre.
Gageons que d’ici une ou deux décennies, donner une molécule par la bouche, à biodisponibilité générale pour soigner une affection locale, apparaitra comme affreusement « ringard » et archaïque. Gageons que cela apparaîtra comme un risque inutile, une perte de chance pour le patient.

Je rêve d’une médecine de demain respectueuse de l’individu et extrêmement efficace.
Celle-ci mettra les outils thérapeutiques dans le bon ordre.
Les médicaments informationnels, et l’homéopathie en particulier seront les outils de premier recours (mais aussi l’acupuncture, les thérapies cognitives, les techniques manuelles).

En deuxième recours ou de manière immédiate selon la gravité et l’urgence, les outils plus lourds seront présents, en dehors de tout mercantilisme et loin de tout mésusage.

Cette médecine sera accessible à tous, y compris aux plus démunis. Quelle aberration que ce soit les médicaments les moins iatrogènes qui posent question de leur remboursement.

Une médecine graduée, intelligente et ayant le discernement d’utiliser les bons outils au bon moment. Une médecine disponible et à la portée des populations les plus fragiles et les plus défavorisées…
Merci de rêver avec moi.

 

Dr Daniel Scimeca

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1Demangeat JL. NMR relaxation evidence for solute-induced nanosized superstructures in ultra molecular aqueous dilutions of silicea-lactose. JMol Liq; 155:71-79.
2Rey L. Can low-temperature thermoluminescence cast light on the nature of ultra-high dilutions? Homeopathy – Special Issue The Memory of Water 2007; 96 (3): 170-174.
3Calabrese EJ, Baldwin LA. The hormetic dose-response model is more common than the threshold model in toxicology. Toxicol Sci. 2003;71:246–250.
4Par exemple : A. Berrebi, O. Parant, F. Ferval, M. Thene, J.-M. Ayoubi, L. Connan, P. Belon. Traitement de la douleur de la montée laiteuse non souhaitée par homéopathie dans le post-partum immédiat.
5Journal de gynécologie obstétrique et de biologie de la reproduction 2001; 30: 353-357. 12 études à ce jour dans des revues à comité de lecture.
6La trop fameuse meta-analyse australienne montre dans sa première version prenant en compte l’ensemble des études, un effet positif de l’homéopathie sur des grands domaines de la pathologie. La deuxieme version réduite à son strict minimum et ne retenant que les études regroupant au moins 150 patients, montre une absence d’effet.