Rosmarinus officinalis homeopathie

Le romarin a des propriétés phytothérapiques dans le domaine digestif et dans le domaine métabolique. Il possède également une action anti-fatigue générale et anti-stress. C’est un anti-oxydant, agissant sur toutes les sphères y compris la peau et les rhumatismes.
Cette action anti-fatigue et anti-stress ne doit pas être simplement

juxtaposée à ses propriétés digestives. Son action cholagogue et anti-infectieuse intestinale, son action de drainage hépato-vésiculaire et son action anti-spasme intestinal sont à rattacher à une régulation de la dysbiose intestinale. On sait désormais l’influence de cette dysbiose très répandue dans les déséquilibres psycho-émotionnels et les baisses de forme.
Le romarin agit également sur le métabolisme des lipides, par son effet cholagogue et son effet de détoxification des cellules hépatiques.
Ces actions hépatiques et métaboliques que l’on observe en phytothérapie se retrouvent d’une manière différente dès lors que l’on utilise les parties embryonnaires de la plante, les jeunes pousses.
Depuis les travaux de Pol Henry et de Max Tétau, l’utilisation des bourgeons, jeunes pousses, radicelles et autres parties en grande activité mitotique des plantes a connu de très nombreuses observations et publications.
L’utilisation de ces parties en pleine croissance, contenant tous les actifs anaboliques de la plante, est désormais considérée comme essentielle pour donner en utilisation humaine (ou vétérinaire) une action de réparation cellulaire et tissulaire. Cette action se fait dans le même sens que les effets phytothérapiques et s’amplifie par la dilution dynamisation de la méthode de fabrication des médicaments homéopathiques.

L’effet cholérétique et l’effet protecteur de la fonction hépatique de Rosmarinus officinalis jeunes pousses ont été étudiés à la suite des travaux de Pol Henry1.
Ont été étudiés différents extraits de Rosmarinus sur la cholérèse d’une part et sur l’activité protectrice vis-à-vis d’une intoxication au tétrachlorure de carbone. L’augmentation du flux biliaire a été objectivé de manière beaucoup plus significative avec des extraits de jeunes pousses, qu’avec des rameaux fleuris ou d’autres parties de la plante.
L’effet protecteur de Rosmarinus officinalis sur la cellule hépatique a été étudié sur un modèle reproductible d’hépatite aiguë induite par le tétrachlorure de carbone (CCl4) chez le rat.
Les extraits de jeunes pousses ont un effet préventif hépatoprotecteur comparable à la sylimarine du Chardon-Marie, plante de référence.

Ces recherches ont permis de démontrer la spécificité de la composition et de l’activité des parties embryonnaires par rapport à la plante pleinement épanouie.
Longtemps utilisé en première dilution décimale de macérats glycérinés, Rosmarinus a vu son action se confirmer à des dilutions plus hautes, en particulier la quatrième et la sixième décimale.
Les indications de Rosmarinus officinalis Jeunes pousses en macérat glycériné répondent à une logique de drainage hépato-vésiculaire et de libération des axes endocriniens, par détoxification de l’organe central de régulation périphérique du message endocrine. Si l’hypophyse est l’organe directeur des axes endocriniens, le foie est l’organe de passage incontournable et effecteur des effets endocriniens.
On pourrait dire que l’hypophyse est le coordonnateur en amont, et le foie le régulateur en aval.
Nous utilisons Rosmarinus officinalis jeunes pousses en niveaux de dilutions dépendant du degré de ralentissement, de dysbiose et de surcharge hépatique, de surcharge lipidique et métabolique du patient. Plus un patient présente un tableau de surcharge métabolique et de dysbiose important, plus nous prescrirons une dilution moyenne, la 6DH. Dans les autres cas, mais aussi en relais après une première phase en 6DH, nous utiliserons la 4DH.
La 1DH garde un intérêt chez les patients dont le traitement de fond a déjà porté ses fruits et en prévention par des cures plus sporadiques.
En particulier les surcharges hépato-métaboliques avec forte dysbiose entraînant des fatigues, des troubles thymiques ou mnésiques, donc des repercussions neuropsychiques mériteront l’utilisation de la 6DH.

Indications de Rosmarinus officinalis jeunes pousses en 4DH et 6DH

Drainage hépato-vésiculaire

Ce médicament homéopathique est particulièrement utile chez les patients polymédiqués, ou ayant un comportement alimentaire excessif, les excès de consommation d’alcool.
Ce drainage sera plus particulièrement pertinent dans les troubles poly endocriniens, lorsqu’un diabète par exemple, se complique d’une hypothyroïdie avérée ou fruste, et d’une diminution physiologique des hormones sexuelles liées à la ménopause ou la sénescence masculine.
La détoxification hépatique permettra alors d’optimiser le message endocrine circulant en levant les barrages qui empêchent son action au niveau des cellules périphériques. Dans l’hypothyroïdie par exemple, nous constatons régulièrement une inégalité dans l’efficacité du traitement substitutif nécessaire par levothyroxine ou autre. Cela se retrouve dans la capacité à reprendre un poids de forme mais aussi dans le tonus général physique et le ralentissement psychique.
Cette libération des axes endocrines est essentielle car elle évite de nombreuses prescriptions symptomatiques inutiles en restaurant des circuits endocriniens optimaux, en association avec les traitements spécifiques des troubles endocrines.

Insuffisance biliaire

Les dyspepsies et les intolérances aux graisses liées à un déficit biliaire seront améliorées par des cures itératives de Rosmarinus.

Prévention de la sénescence

Cela découle de ce que nous venons de dire au sujet du carrefour hépato-endocrinien. Rosmarinus aura son intérêt en prévention et en cures « anti-âge » chez les patients au-delà de la cinquantaine, sous formes de cures de 10 à 20 jours par trimestre.

Acné

Les jeunes pousses de romarin ont une action adjuvante des traitements de l’acné, que ceux-ci soient topiques, homéopathiques (Natrum muriaticum, Thuya, Tuberculinum) ou phytothérapiques (bardane, cassis).

Prostate et déficits de l’érection

Rosmarinus pourra venir compléter un traitement plus spécifique de l’adénome prostatique, surtout s’il s’accompagne de troubles de l’érection et d’une certaine tendance dépressive.

Syndrome prémenstruel et troubles des règles

Règles en avance, abondantes, douloureuses seront améliorées en plus des traitements plus spécifiques par des cures de Rosmarinus.

Colopathies fonctionnelles, dysbioses et MICI (maladies chroniques inflammatoires de l’intestin)

Rosmarinus influe très favorablement sur le microbiote et l’état inflammatoire de l’intestin, que cela corresponde à une MICI, un côlon simplement irritable ou un inconfort digestif pouvant obérer un état général sous forme de fatigue ou de coups de pompe cycliques.

Métabolisme et bilan lipidique

Rosmarinus est un adjuvant extrêmement efficient dans les surcharges pondérales, en complément d’une prise en charge globale associant la reprise d’une activité physique et un régime mieux adapté.
La détoxification hépatique qu’il entraîne permet une meilleure prise en charge diététique par un retour à un hédonisme alimentaire de portions mesurées. Elle entraîne aussi la diminution de
cet état d’aversion à tout exercice et d’accablements au moindre
effort physique que l’on constate très souvent chez nos patients
en surcharge pondérale et métabolique.

Mémoire et tonus psychique

C’est la conséquence de tout ce qui précède, et nous constatons une action tonique générale et de concentration par l’emploi de cures répétées de 10 à 20 jours par mois des jeunes pousses de Rosmarinus en 4 et 6DH.

 

Rosmarinus jeunes pousses en dilutions de macérats glycérinés en 4DH et 6DH est donc un médicament de drainage biothérapique important dans ces domaines. Il s’associera à raison de 20 gouttes deux fois par jour dans un peu d’eau, par cures séquentielles dont la durée et la fréquence seront fonction du reste des médications.

 

Dr Daniel Scimeca

 1Hoeffler. Fleurentis Viatier, Pelt

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