Les tissus végétaux embryonnaires sont utilisés en thérapeutique homéopathique depuis 1959 et ont fait l’objet d’un grand nombre d’observations et de publications. Les bourgeons, les jeunes pousses, les radicelles et écorces internes ont été expérimentés et utilisés avec des résultats cliniques très positifs, essentiellement à la dilution 1DH de macérats glycérinés de ces éléments.
L’efficacité de ces parties de plantes s’explique par le fait qu’il s’agisse des parties les plus actives sur le plan mitotique du végétal considéré.
Ces médicaments n’avaient jusqu’alors

jamais été utilisés à des dilutions plus élevées.
Pourtant l’observation chez un certain nombre de patients sensibles avait mis en évidence que des posologies plus faibles et plus diluées semblaient avoir un effet similaire voire plus efficace. C’est la raison pour laquelle, nous avons utilisé des dilutions plus hautes depuis 2016. Les dilutions 4DH et 6DH ont été utilisées chez un certain nombre de patients et pour un certain nombre de plantes.

Nous observons un effet plus durable en termes d’efficacité. Tout se passe comme si la plus grande dilution dynamisation entraînait une action de drainage homéopathique plus nette qu’avec la dilution 1DH, plus proche d’une action pondérale de type phytothérapique.
La notion de drainage homéopathique est apparue rapidement après la création de la méthode par Samuel Hahnemann. Des auteurs tels que Nebel ont fortement publié dans ce sens. Plus récemment les docteurs Claude Jousset et André Coulamy ont répertorié un nombre important de publications d’auteurs concernant la notion de drainage au sens homéopathique.
Cette notion implique l’idée que des substances homéopathiques à des échelles de dilution de l’ordre de 3DH à 8DH ont un effet de stimulation des processus biologiques au niveau cellulaire, tissulaire et métabolique.

Au-delà de la 8DH (ou 4CH identique en termes de dilution), cette action de drainage laisse la place à une action symptomatique conforme au principe de similitude entre les symptômes du patient et les symptômes expérimentaux du médicament.
C’est la raison pour laquelle il est logique que des dilutions en 4DH et 6DH de tissus végétaux embryonnaires puissent avoir cette action de drainage dans les cibles spécifiques des plantes considérées et dans le cadre des indications cliniques établies en grand nombre depuis les premières publications de 1959 jusqu’à plus récemment celles du Dr Max Tétau et moi-même.
Cette hypothèse d’une action de drainage, conforme à la méthode homéopathique et à sa tradition, se trouve confirmée par les résultats cliniques observés depuis 2016.
Il semble donc pertinent de pouvoir utiliser ces produits dans le cadre de la pharmacopée homéopathique.

L’exemple de Tilia tomentosa 4DH et 6DH
L’action pondérale du tilleul est connue pour ses effets sur le système nerveux central. Il est anxiolytique et diminue le stress.
Il améliore les troubles du sommeil. Il possède également une action antispasmodique utile dans les troubles fonctionnels digestifs.
Son action homéopathique de drainage s’inscrit, comme toujours dans l’usage traditionnel homéopathique du drainage, dans le même sens que son action pondérale, mais en stimulant les processus biologiques d’élimination et de détoxification.
Les bourgeons de Tilia tomentosa sont extrêmement riches en actifs et il est pertinent que ceux-ci soit utilisés plutôt que d’autres parties de la plante adulte, conformément aux publications multiples concernant l’usage des macérats glycérinés de tissus végétaux embryonnaires.
Leur utilisation en 4DH et 6DH, dilutions de drainage homéopathique a une grande utilité dans les sevrages en psychotropes et particulièrement les sevrages en benzodiazépines. L’action anxiolytique de la souche et l’action de drainage homéopathique se conjuguent pour aider et accompagner le patient dans l’arrêt progressif de son usage excessif et trop prolongé de psychotropes.
Nous observons la confirmation clinique de cet effet et de cette aide chez les patients désireux de stopper de tels mésusages de psychotropes.
La dilution 4DH de même que la dilution 6DH, ont en outre l’avantage vis-à-vis de la dilution 1DH d’être utilisées sous des formes sèches non alcoolisées, les rendant ainsi utilisables pour les femmes enceintes ou allaitantes désireuses de se sevrer de psychotropes ayant un effet éventuellement délétère pour leur enfant.

 

Dr Daniel Scimeca

 

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