Affection articulaire très fréquente dont les premiers symptômes débutent vers la cinquantaine sous forme de douleurs mécaniques mais dont le début effectif est généralement bien antérieur.

Elle se caractérise par une dégénérescence progressive du cartilage articulaire avec une in$ammation chronique, à bas bruit, sur laquelle surviennent des poussées in$ammatoires aiguës, souvent invalidantes, successives et sporadiques. La conséquence en est une destruction progressive, plus ou moins rapide, du cartilage articulaire.
Nous verrons, tout au long de cet exposé, combien l’analyse diathésique homéopathique est pertinente pour en comprendre les causalités et permettre ainsi un traitement efficace.

Sur le plan anatomo-pathologique, on constate un remaniement cartilagineux avec des zones d’usure, de fissuration, voire d’ulcération mettant l’os sous-jacent « à nu » mais aussi une réaction osseuse condensante et proliférative sous la forme d’ostéophytes, excroissances osseuses parfois nommées « bec de perroquet » en raison de leur forme radiologique. L’arthrose enkyste et « fabrique » : nous sommes au coeur de la Sycose.

Les articulations les plus touchées sont soit les grosses articulations : hanche, genoux, épaules, rachis… soit les petites articulations : doigts et orteils. La signi*cation n’en est pas la même : dans le premier cas, la Sycose domine, dans le second, nous sommes dans la Psore.

Certains facteurs personnels sont prédisposants, en dehors de la prédisposition héréditaire qui est fréquente : obésité, malpositions et malformations (genu valgum, genu varum, scolioses, troubles de la statique du pied, troubles de l’occlusion dentaire…) contraintes mécaniques et/ou professionnelles et sportives, âge, période post-ménopausique pour la femme etc… Là encore, la réponse à la contrainte par l’enkystement, c’est le domaine de la Sycose !
On met aussi aujourd’hui l’accent sur l’existence, chez certaines personnes atteintes d’arthrose, d’un trouble métabolique portant sur les acides gras (en particulier non-respect du bon rapport oméga 3/oméga 6). C’est dire si l’alimentation, une fois encore, est déterminante dans la genèse de cette pathologie et illustre la problématique des psoriques, en particulier ceux atteints de Syndrome Métabolique.

Cette maladie arthrosique recèle aussi un sens, une signi*cation métaphysique et symbolique qu’il importe de mettre en évidence. « Tout est signe qui demande à être déchiffré » souligne François Cheng. Cette affection, dont l’aggravation avec l’âge est une caractéristique majeure, traduit principalement une rigidi*cation progressive des schémas de pensée, une perte de souplesse dans la capacité d’acceptation de l’évolution de la vie et de ce qui l’entoure. Il y a, dans cette pathologie, le sentiment de subir et de refouler une situation devenue insupportable ; à moins qu’il ne s’agisse d’une personne de l’entourage devenue autoritaire, dif*cile à vivre ou encore d’une situation sociale contraignante mais toutes deux également inacceptables. Cela peut être, encore, une motivation excessive pour accomplir des tâches que l’on s’impose comme indispensables (intransigeance, sens du devoir exacerbé) et qui asservissent dans un travail sans *n ni repos comme un devoir imposé d’aller jusqu’à ses limites extrêmes (on trouvera, alors, des médicaments homéopathiques dont la modalité est l’aggravation par le repos et qu’il faudra puiser dans le cadre de la diathèse sycotique dont c’est aussi une caractéristique). Il y a de l’obsessionnel et de la culpabilité dans cette pathologie-là ; et c’est ce qui définit le psychisme de la Sycose.

La poussée inflammatoire, quant à elle, traduit le passage à la colère, toujours refoulée mais alors destructrice pour le cartilage.
Comment après cela ne pas évoquer cette phrase de Hans Selye ? : « Ce qui est important, ce n’est pas ce qui nous arrive, c’est la manière dont on le prend. »


Arthrose & homéopathie

La maladie arthrosique est l’archétype de la « maladie chronique » telle que définie par Hahnemann dans son traité ; ces maladies
qui, « non traitées par des moyens spécifiques, sont nécessairement progressives ». Et l’on connaît la violence de sa charge contre les « allopathistes » qu’il accuse, par des thérapeutiques inappropriées, d’aggraver la maladie et de favoriser les alternances morbides. Marcel Proust confirmait l’idée quelques dizaines d’années plus tard : « La nature ne semble guère capable de donner que des maladies assez courtes. Mais la médecine s’est annexé l’art de les prolonger ».

Ce combat (nous parlons de celui contre la maladie bien sûr !) est plus que jamais d’actualité et il fait appel à la notion de « terrain » que l’homéopathie, sur les traces du Maître, a développée depuis plus de deux cents ans et qui, dans le domaine de l’arthrose, se décline autour de deux diathèses dominantes : la Sycose et la Psore. Elles permettent d’af*ner remarquablement notre regard sur la pathologie, mais surtout, surtout, sur le malade : son hérédité, ses antécédents médicaux, ses habitudes de vie, son régime alimentaire, ses habitudes, sa profession… Notre pratique, en effet, reste un des derniers bastions de la médecine humaniste qui s’adresse au corps et à l’âme, et nous nous devons de le revendiquer.
« La loi de la Charité est la loi du coeur. Elle verse l’huile de la paix et de la douceur sur les plaies d’une volonté aigrie et blessée »
JB Massillon (1742).

 

Maladie arthrosique et Sycose

La Sycose, à l’inverse des 3 autres MRC, n’est pas congénitale, n’est pas « donnée » à la naissance même si la prédisposition héréditaire est présente. C’est le même schéma pour l’arthrose qui n’existe pas à la naissance mais se développe lentement « dans le silence de nos tissus » avant de montrer le bout de son nez de nombreuses années plus tard.

La Sycose dite « humide » se superpose parfaitement à l’hydrogénoïdisme de Von Grauvögl et nous rappelle le lien de ce rhumatisme avec l’humidité. Les médicaments sont présents dans la partie gauche du schéma de Paul Kollistch (cf. illustration page suivante), ceux qui ont une affinité particulière avec l’eau (par opposition à ceux qui ont une af*nité pour l’oxygène).

 

Les caractéristiques du rhumatisme sycotique

  • L’aggravation générale par l’humidité et particulièrement le froid humide (il faut avoir en tête le lien privilégié de la Sycose avec la constitution carbonique dont c’est aussi une modalité dominante).
  • L’amélioration par la chaleur et, bien entendu, surtout la chaleur sèche.
  • L’aggravation par le repos (ralentissement circulatoire générateur de pathologies) et son corollaire : l’amélioration par le mouvement lent, prolongé et non-violent que nos patients nous décrivent comme un « dérouillage ».
  • La rétention d’eau plus ou moins générale (localisée chez Kalium carbonicum, généralisée chez Natrum sulfuricum) au niveau des articulations douloureuses mais surtout aux membres inférieurs : cellulite, hypodermite…douloureuses à la pression.
  • Enfin, l’enkystement sous forme
    • de kystes synoviaux : évoquer Sticta pulmonaria ; quand l’eau ne s’écoule plus par le nez (tuberculinisme) elle stagne dans une articulation (Sycose),
    • de nodosités,
    • de proliférations ostéophytiques diffuses comme dans Medorrhinum.

Deux médicaments dominent

  • Thuya occidentalis : personne corpulente dont les graisses et l’eau se localisent surtout aux hanches et aux fesses. Les modalités de ses douleurs sont tout à fait celles de la Sycose. L’interrogatoire mettra en évidence d’autres enkystements : verrues, fibrome, adénomes, kystes sébacés, sinusites, infections urinaires etc…
  • Natrum sulfuricum : différent sur le plan morphologique, sa prise de poids étant plus générale avec des épaules larges et un visage rond et infiltré que n’a pas Thuya (peau du visage luisante et accentuation des plis naso-géniens). Les douleurs sont encore plus sensibles à l’humidité : c’est le médicament barométrique numéro un car ses douleurs se ressentent avec plus d’acuité quand le temps change et tourne à la pluie.

 

Les satellites précieux

« Leurs fruits serviront de nourriture, et leurs feuilles de remède. »
(La Bible Ézéchiel 47:12)

  • Rhus toxicodendron (et Mangifera indica) : médicament très utilisé du fait de la caractéristique de la douleur, outre l’aggravation
    à l’humidité, c’est la douleur aux premiers mouvements qui s’améliore par la poursuite progressive du mouvement. Ces deux anacardiacées ont au plus haut degré cette modalité ; le second sera utilisé en cas de non-réponse thérapeutique du premier.
  • Ruta graveolens : a des modalités très proches des précédents et ressent ses douleurs comme une sensation de meurtrissure comme si on l’avait battu (Arnica).
  • Rhododendron : état rhumatismal très sensible à la barométrie, le froid humide, bien sûr, mais aussi avant l’orage ou avant une tempête.
  • Dulcamara : conséquences douloureuses du froid humide ou du séjour dans des lieux humides ; complémentaires : Natrum sulfuricum et Calcarea carbonica (alors que c’est plutôt Baryta dans les affections ORL).
  • Harpagophytum : la « griffe du diable », en basses dilutions (4DH), est un appoint remarquable dans le rhumatisme sycotique où l’aggravation à l’humidité est au premier plan.
  • Aranea diadema : médicament hydrogénoïde correspondant à une poussée rhumatismale, parfois fébrile, suite d’humidité et de froid ; noter la localisation privilégiée aux talons (calcanéum) avec douleur profonde et térébrante, oedème, engourdissements et fourmillements localisés.
  • Ranunculus bulbosus : sycotico-luétique ; très *dèle dans les névralgies intercostales, classiquement sur terrain d’exogénose mais aussi liées à des radiculalgies sur arthrose vertébrale.
  • Cortisone : rechercher des traitements allopathiques prolongés ; c’est l’aggravation de Thuya.


Le drainage rénal - indispensable pour favoriser l’élimination de l’eau :

  • Apis mellifica : 5CH à 15CH
  • Sarsaparilla 4CH : très intéressant, en particulier, dans les intoxications à l’aluminium qui provoquent un blocage du rein droit (même problématique de sécheresse qu’Alumina).
  • Rein 4CH

 

La Sycose sèche

  • Causticum : on voit sur le schéma de P. Kollistch que, précisément, l’intoxication à l’aluminium, outre le blocage rénal,entraîne une insuffisance hépatique (groupe Lycopodium) et conduit à Causticum dont la sécheresse est généralisée,physique et psychique.
  • Radium bromatum : douleurs lombaires chroniques traduisant un début de déminéralisation (s’aggrave dans la Luèse sur Argentum metallicum) et douleurs de l’articulation rhizomélique du pouce (femmes en post ménopause avec début d’ostéoporose) ; il s’améliore sur Causticum.

 

Le nosode : Medorrhinum

Généralement : douleurs articulaires avec raideur et sensation de 260 Pitron Maladie arthrosique schéma Kollistchfaiblesse aggravées par le temps froid et humide et pendant l’orage (rappel : Rhododendron : avant l’orage).
Localisations privilégiées : douleurs lombaires surtout mais aussi douleurs d’épaule (coiffe) et déformations douloureuses des articulations des doigts avec enraidissement aggravé dans la matinée.

Système général des principaux remèdes homéopathiques selon Paul kollistch

 

  • La sycose humide est dans le quadrant supérieur droit avec Thuya et Natrum sulfuricum
  • La sycose sèche se situe, elle, dans le quadrant inférieur droit avec Causticum (sous Alumina)
  • Entre les deux : Kali carbonicum (oedèmes localisés) et Lycopodium, polydiathésique.

 

 

 

Maladie arthrosique et Psore

Hahnemann a bien insisté sur l’omniprésence de la Psore dans nos évolutions morbides. On la reconnait à sa chronicité dans la répétition des poussées qui aboutissent progressivement à une perte d’énergie vitale avec frilosité intense, à ses alternances morbides, aux antécédents chargés de phénomènes psoriques, en particulier cutanés (eczéma, urticaire mais aussi hémorroïdes, allergies variées…) et son amélioration par les éliminations (avec son corollaire d’aggravation brutale par toute suppression intempestive d’une  élimination).


Deux médicaments dominent

  • Sulfur : médicament de souffrances qui réapparaissent régulièrement (chronicité). Douleur lombo-sacrées à type de courbatures violentes qui l’obligent à se relever en se tenant les lombes souvent à deux mains. Douleurs du coccyx en allant à la selle ; douleurs des genoux avec raideur et craquement ; secousses musculaires et crampes des membres inférieurs.
    Les modalités sont dominées par une aggravation constante par la chaleur (congestion circulatoire).
  • Lycopodium : les douleurs sont vives, tiraillantes dans le dos et les lombes mais aussi les extrémités ; elles s’accompagnent de déformations des articulations des doigts qui, presque toujours, commencent à la main droite ; elles apparaissent et disparaissent brusquement ; elles sont à dominante droite, sont aggravées de 16 à 20 heures, par les applications chaudes et, inversement, améliorées en se découvrant.

Les satellites de ces médicaments sont nombreux et obligent à des choix

  • Outre les médicaments vus dans la Sycose : Rhus toxicodendron, Ruta, Dulcamara
  • Les médicaments d’arthropathie microcristalline dont la goutte : Ledum palustre et Colchicum auxquels on aura intérêt à ajouter Uricum acidum ou Oxalicum acidum (rhumatismes plus erratiques) en traitant l’équilibre acido-basique.
  • Calcarea carbonica et Graphites : sur un terrain nettement carbonique.
  • Actaea spicata et Caulophyllum : rhumatisme psorique des articulations des doigts avec déformations qui succèdent à l’inflammation.
  • Ranunculus sceleratus : est un exemple intéressant de réactivité psorique ; celle qui proteste opposée à la Sycose qui se laisse  dominer. C’est un très fidèle médicament de la douleur de l’hallux valgus qui peut être prescrit sur ce seul diagnostic sans modalité particulière. Le patient porteur d’un hallux valgus vit une relation dans son entourage avec quelqu’un de dominant qui lui fait perdre progressivement son autonomie face à ses responsabilités ; c’est alors qu’en prenant conscience de cette domination il va se rebeller contre cette autorité et lui signifier en quelque sorte : « occupe-toi de tes oignons » ! L’inflammation déclenchée témoigne de cette colère (libératrice ?).
  • Silicea : tient une place à part car il est polydiathésique (ou à voir comme le chef de file de la constitution Silicique comme le pensait le Dr Max Tétau) ; il intervient dès le stade inflammatoire afin d’éviter le passage de la cicatrisation vers la sclérose ; dans cette optique les gels contenant de la silice sont particulièrement ef*caces pour freiner les déformations des articulations superficielles, en particulier des doigts.

Le nosode Psorinum

« Psore décompensée, refroidie, épuisée ». Plus qu’un médicament spécifique à tel ou tel rhumatisme, il intervient comme modificateur de terrain, comme « booster » associé à un traitement plus particulier dont il pourra accélérer le résultat. Outre sa frilosité (qui pourrait amener à le confondre avec Silicea) il présente une peau si particulière qu’il recouvre de tant d’épaisseur que le doute diagnostic n’est pas permis…

 

Maladie arthrosique et Luèse

Les caractéristiques de cette diathèse vont se retrouver dans le type de rhumatisme : les douleurs y sont rebelles et à prédominance
nocturne entraînant une insomnie, elle aussi, rebelle. Les déformations sont importantes (constitution fluorique ou mixte avec dystrophies préexistantes) traduisant une ostéophytose majeure ; la tendance destructrice est dominante et rapidement invalidante.

Les médicaments les plus fréquents

  • Phytolacca : très fréquent ; il est satellite de Mercurius ; médicament de douleurs d’épaules (aggravation à droite) et d’arthrose cervicale souvent liées à une perturbation de l’occlusion dentaire (Fluorisme) couplée à un phénomène de « clenching » (Matière Médicale : « propension invincible à serrer les dents »). Autant la prescription dans une angine est fréquemment 4 ou 5CH, autant il ne faut pas hésiter à le prescrire ici en 9CH, 15CH et souvent 30CH.
  • Kalium iodatum : très fidèle en particulier sur le genou ; sa modalité de base est l’amélioration par le mouvement où il peut être satellite de Rhus toxicodendron, mais il est aggravé par la chaleur (radical iode).
  • Stillingia sylvatica et Sarsaparilla (draineur fidèle du rein droit dont on regrettera la disparition dans la pharmacopée française) : douleurs périostées ou profondes, osseuses, aggravées la nuit et par le temps froid et humide.
  • Hekla lava : dans les destructions osseuses et cartilagineuses ; à signaler son intérêt remarquable, prescrit au long cours, dans les épines calcanéennes (besoin d’un appui plus solide contre un vécu d’insécurité).

Le traitement du terrain luétique

Fait appel aux médicaments classiques de la diathèse, mais au premier rang :

  • Aurum metallicum : remarquable médicament de l’arthrose cervicale en particulier quand elle est associée à des acouphènes (qui sont, eux, plus rebelles !) dans un contexte vasculaire d’athérosclérose ; on débutera avec des hautes dilutions (9 à 30CH) et on aura souvent la surprise de déclencher, quelques semaines plus tard, une sinusite (surtout maxillaire droite) ou des otalgies (surtout à droite) qui commanderont de passer à une dilution plus basse (4 à 5CH) car les cervicalgies auront cessé ; belle illustration de la loi de Hering quand le patient vous raconte qu’il retrouve des symptômes qu’il a connus dix ou vingt ans plus tôt...
  • Traiter le terrain fluorique : Fluoricum acidum puis Calcarea fluorica (qui conduit au corollaire suivant : suppression des dentifrices fluorés, au moins temporairement, des revêtements ménagers libérant des PFOA…)
  • Mercurius corrosivus et Argentum metallicum ou nitricum : interviendront souvent après prescription suffisamment prolongée d’Aurum qui est l’aboutissement de l’intoxication par les métaux (l’intoxication au mercure sur un terrain Sulfur ne donnerait-elle pas de l’or comme dans les théories alchimiques ? Regardons le schéma de Kollitsch et traçons une ligne partant de Sulfur jusqu’à Aurum : elle passe par Mercurius ! ).

Nous aurons, de la même façon, à guetter une remontée énergétique à partir d’Aurum sur Alumina et Kalium bichromicum (rhumatismes, sinusite, estomac), deux autres métaux très répandus dans notre environnement.

Le nosode et son satellite :

  • Luesinum : qui recèle toutes les caractéristiques de la Luèse vues plus haut
  • Streptococcinum : satellite surtout de Mercurius.

 

Maladie arthrosique et tuberculinisme

Le tuberculinisme est bien davantage le domaine de l’arthrite aiguë que de la maladie arthrosique. Néanmoins il impose sa marque lors de poussées inflammatoires aiguës violentes avec début brutal, variabilité des symptômes, tendance fébrile, oedème rosé, inflammation biologique, autant de signes qui conduisent alors à la prescription d’un grand couple homéopathique : Apis mellifica et Pulsatilla (douleurs apparaissant et disparaissant brutalement).
Les résultats sont souvent rapides car le terrain tuberculinique est, en général, très réceptif.

Il faudra aussi rechercher l’indication de Phosphorus, médicament de destruction articulaire (dégénérescence) où tout est brutal et violent, avec des sensations de brûlure intense, les hauts et les bas caractéristiques tant sur le plan psychique (cyclothymie) que physique (le feu et la cendre !), sa localisation préférentielle sur le rachis dorsal et sa tendance hémorragique ou purpurique.
Il aura pour satellite Bryonia alba dont la modalité essentielle est l’aggravation de la douleur par tout mouvement et qui s’accompagne
d’oedème in$ammatoire plus rouge qu’avec Apis.

Tuberculinum est le nosode de la diathèse. La chronicité du rhumatisme conduira à la prescription préalable de Tuberculinum residuum (9 à 30CH) et l’on assistera progressivement au retour d’une réactivité plus dynamique sous la forme d’inflammations, en particulier ORL et pulmonaires, qui conduisent alors à utiliser en relai TK (9CH à 30CH).
En effet, le tuberculinique jeune fait des extériorisations ORL quand le tuberculinique âgé fait des problèmes rhumatismaux…

 

Cas clinique

« Incarner le sens, c’est combattre, c’est lutter contre l’absurde » Cynthia Fleury - Les Irremplaçables

Madame Yvette M. 76 ans, consulte en mars accompagnée de son mari pour une gonalgie invalidante survenue brutalement en janvier suite, pense t’elle, d’une séance d’aquagym, sport qu’elle pratique très régulièrement depuis de nombreuses années. Elle pratique cette activité le jeudi matin et les douleurs se sont aggravées dès le lendemain.
Antécédents médicaux et chirurgicaux : enfance marquée par une hépatite virale A à 4 ans, de l’eczéma, des bronchites puis sinusites et une amygdalectomie ; puis des migraines cataméniales, un goitre multi hétéro nodulaire euthyroïdien, « beaucoup » d’arthrose cervicale, une PSH droite ancienne qui a cependant laissé des souvenirs douloureux, une hypercholestérolémie (comme sa mère) et elle a un suivi coloscopique pour des polypes coliques chez son frère.

Consulte pour une poussée arthrosique du genou droit avec oedème local et douleurs à la marche, dans le lit en étendant sa jambe et dans le mouvement d’accroupissement, la douleur vive l’empêchant de se relever. L’atteinte rotulienne semble bien dominante dans l’origine de ses douleurs. Pas d’épanchement articulaire. L’appui monopodal est possible et indolore ; la palpation retrouve une douleur sur les interlignes articulaires. Elle signale aussi le retour, mais a minima, de sa PSH droite et des lombalgies. Les radios confirment une gonarthrose fémoro-tibiale interne bilatérale débutante et une arthrose fémoro-patellaire droite.

Les modalités de sa douleur motivent une tentative d’explication au regard des médicaments qui s’imposent ; sa douleur traduit de la colère et la localisation au genou exprime un conflit à l’autorité, la difficulté à faire allégeance à une autorité supérieure et donc, « plier le genou » lui est insupportable ; et de lui demander (avec précaution !) qui représentait, pour elle, cette autorité rejetée ? Elle se tourne alors vers son mari qui la regarde interpellé et, comme un déclic, ils révèlent ensemble le conflit qui les oppose à la justice ; et d’expliquer qu’ils sont en colère vis-à-vis de leur notaire pour un logement qu’ils ont loué à une personne qui, non seulement a dégradé l’appartement, ne paye plus ses loyers depuis 6 mois, n’occupe plus l’appartement depuis 4 moisais reste locataire du logement jusqu’en juin (durée légale du bail) empêchant les propriétaires de le récupérer pour pouvoir faire des travaux et le relouer. C’est donc un sentiment de colère et d’injustice que ressent Mme M. Cette explication lui fait faire un rapprochement avec la survenue de sa douleur, non plus en rapport avec l’aquagym qu’elle fait le jeudi matin mais avec la visite qu’elle s’impose tous les jeudis après-midi dans cet appartement dévasté qu’elle tente de réhabiliter comme elle peut.

Analyse : Mme M. a une constitution carbonique et une réactivité psoro-sycotique ; elle garde de son hépatite virale une insuffisance hépatique qui conduit, d’ailleurs, à la prescription régulière de Lycopodium ; le foie étant, nous disent les Chinois, l’organe de la colère, elle a une propension à se mettre dans cet état que, cependant, elle refoule. Sa PSH (toujours à droite) a, quant à elle, une connotation de « peur de manquer d’argent » : la réactivité luétique affleure ; le contexte s’y prête ! Quant aux lombalgies, il se pourrait qu’elle en ait, en effet, « plein le dos » de cette situation inextricable.

Traitement : Staphysagria 30CH et Colocynthis 30CH 2 fois/jour et doses de Lycopodium 30CH hebdomadaires à espacer selon amélioration.

Evolution : En trois semaines les douleurs ont complétement disparu et la consultation rhumatologique conseillée malgré tout,
s’est soldée par le constat d’une telle amélioration que les infiltrations d’acide hyaluronique, un moment envisagées, ont été
remises à date ultérieure …si besoin !

« L’observation recueille les faits, la réflexion les combine, l’expérience vérifie le résultat de la combinaison » Denis Diderot

La prescription de Kalium carbonicum et de Cartilago 4CH viendra secondairement assurer une rémission durable.

Version imprimable

 

Hahnemann Samuel, Organon de l’art de guérir, 4ème édition J.B. Bailliere 1856 réédition en fac simile, 1986, O.E.I.L. Paris
Hahnemann Samuel, Doctrine et traitement homéopathiques des maladies chroniques, 1846, Books Google.com
Kollitsch Paul, Homéopathie Matière Médicale thérapeutique, éditions Helios, 1989
Tétau Max, Les Diathèses Homéopathiques, 2003, Editions Similia, Collection Doctrine et Matière Médicale
Tétau Max, Conception globale et homéopathique de la maladie arthrosique, Cahiers de Biothérapie N° 156 février - mars 1999. p. 9 à 11
Vannier Léon, Poirier Jean, Précis de Matière Médicale homéopathique, 9ème édition, 1983, Doin éditeurs Paris
Voisin H., Thérapeutique et Répertoire homéopathiques du Praticien, Maloine, 2ème édition 1978

 

Le travail intense demande une adaptation physiologique importante. Nombre de travailleurs exercent des activités exigeant de
la force (port de charges parfois très importantes, effort de tirage ou de poussée, manipulation d’engins…) et, tels de grands sportifs, ils développent une bonne condition cardio-vasculaire et musculaire.


Adaptations cardio-vasculaires à l’exercice « en chronique »

L’organisme du sujet qui pratique de l’exercice de façon régulière et intense nécessite certaines adaptations.

1- Eléments physiologiques

Les contractions musculaires représentent une chaîne d’événements mettant en jeu la respiration pulmonaire qui apporte l’oxygène, le foie et les adipocytes qui apportent les substrats nutritifs (glycogène, acides gras…), la pompe cardiaque qui permet de véhiculer le tout jusqu’au muscle qui travaille en se contractant.

261 Latanowicz travailleur de force schéma

Selon le type d’activité physique répétée, le développement de cette chaîne se fera au détriment du maillon le plus sollicité, permettant d’augmenter les performances.

L’entrainement en endurance sollicitera préférentiellement le muscle cardiaque et l’apport des substrats qui assureront l’effort dans sa durée.①

Les éléments communs aux deux exercices restent la même quantité d’exercice physique, très régulier, effectuée pendant un temps long.
Le travailleur de force (manutentionnaire, travailleur du BTP, …) devra développer à la fois sa musculature pour assurer le port de charges parfois très lourdes, et sa fonction cardiaque pour pouvoir effectuer ce travail dans la durée.
L’amélioration de la fonction cardiaque passe par l’augmentation du débit cardiaque (Qcard) qui peut être appréhendé par la mesure de la consommation d’O2. On sait qu’il existe une relation linéaire entre la consommation d’O2 et la fréquence cardiaque (FC) ; on peut donc connaître le débit cardiaque maximal (Qcard max) d’un sujet en mesurant sa consommation d’O2 à FC maximale (FCmax).
La FCmax diminue avec l’âge, rendant le sujet de moins en moins adaptable à l’effort continu, mais elle reste constante avec l’entraînement, indépendamment de l’exercice physique, constante chez les sujets au même âge et répond dans 90% des cas à la formule :

FCmax = 220 – âge

Le débit cardiaque, quant à lui, est fonction de la FC et du volume d’éjection systolique. Ainsi :

Q card max = Vejs max X FCmax
(où Vejs max est le volume d’éjection systolique maximal)

La FCmax étant constante, l’augmentation du débit cardiaque max (Qcard max) chez le sujet entraîné dépendra donc de l’augmentation du Vejs, qui lui-même dépend  de l’anatomie cardiaque et de la rigueur des contractions du muscle cardiaque.
Le Vejs peut être augmenté de 40 à 60 % par rapport au sédentaire, et le Qcard doublé chez le sujet très entraîné (30 à 40 l/mn contre 20 à 25 l/mn chez le sédentaire) !

On peut donc déduire la cascade suivante :
augmentation de l’effort aérobie => Žaugmentation de la consommation d’O2 =>Ž augmentation du Qcard max =>Ž augmentation du Vejs => développement du muscle cardiaque avec hypertrophie de la paroi ventriculaire (pour l’endurance ++) et la dilatation ventriculaire (pour le sport de force ++).

Cette hypertrophie cardiaque du sportif ou travailleur de force est à distinguer de l’hypertrophie ventriculaire gauche des patients atteints de maladies cardiovasculaires. En effet, le coeur du sujet sportif n’est soumis qu’un temps limité à l’effort fourni avec une post-charge faible, alors que le malade est soumis constamment à cet effort avec une post-charge importante.

Le sujet entraîné, ayant augmenté son Vejs de manière constante, va pouvoir diminuer sa FC de repos ou lors d’un effort sousmaximal pour assurer le même Qcard, et à tout moment de l’effort sous-max sa FC sera inférieure pour un même effort à celle du sujet sédentaire.


Courbe 1 : adaptation de la fréquence cardiaque (FC) en fonction de l’effort

261 Latanowicz travailleur de force courbe1

 

Cette courbe montre que pour le même effort effectué, la FC du
sujet sédentaire reste toujours supérieure à celle du sujet sportif,
au repos comme à l’effort.

 

 

 

Courbe 2 : adaptation de la FC en fonction de l’intensité de l’effort

261 Latanowicz travailleur de force courbe2

 

 

La FCmax sera atteinte plus rapidement par le sédentaire qui se
fatiguera plus rapidement et sera moins endurant par rapport au
sportif, avec les 2 courbes qui restent parallèles tout au long de
l’effort jusqu’à atteindre la FCmax qui se fera pour le sportif avec
un décalage lui permettant de prolonger son effort.

 

 

Courbe 3 : la ventilation (VO2) en fonction de l’intensité de l’effort VO2

261 Latanowicz travailleur de force courbe3

 

 

 

De même la VO2 du sportif est bien meilleure grâce à l’augmentation
du Qcard.

 

 

 


2- Limite des adaptations cardiovasculaires

Comme toutes les adaptations, les cardiovasculaires peuvent avoir, chez certains sujets prédisposés, des limites que l’on peut regrouper sous le terme de « coeur forcé du sportif » dans son aspect chronique, et de « fatigue myocardique » dans son aspect aigu.


2.1- le coeur forcé du sportif (ou du travailleur de force…)

Historiquement décrit comme une tachycardie d’effort ou permanente, inadaptée, avec sensations de palpitations et/ou de pincements limitant tout effort intense chez un sujet entraîné.

Deux anomalies peuvent être observées :

Les arythmies atriales ou ventriculaires liées à l’entraînement. Elles surviennent sur un coeur à priori sain, mais qui histologiquement présente des foyers de nécrose. Le facteur déclenchant est  souvent une extrasystole, l’arythmie pouvant être favorisée par l’étirement cellulaire mécanique en réponse aux variations importantes de pré et post-charge, par les perturbations électrolytiques (déshydratation, hyperkaliémie, hypomagnésémie, acidose...), et neuro-hormonales (levée du frein vagal et augmentation du tonus sympathique et des catécholamines circulantes).
L’intolérance à l’orthostatisme peut se rencontrer à la fois chez le sportif (10 à 15%) et les sédentaires (6%). Selon Greenleaf (1981) « un athlète hyper endurant peut courir mais il ne peut tenir debout immobile». Les signes sont variés : de la simple diminution de la tolérance à l’orthostatisme jusqu’à une sensation de fatigue prolongée pouvant durer plusieurs heures avec forte invalidation, qui surviennent après un exercice prolongé. Il s’agit d’une inadaptation de la réponse tensionnelle aux conditions de l’orthostatisme.

2.2- la fatigue myocardique

Au cours d’un exercice important tel que le triathlon, le marathon ou autres épreuves sportives ou travail intense de longue durée, on peut observer 2 types d’anomalies :

Des changements significatifs des fonctions ventriculaires systoliques et/ou diastoliques droite et/ou gauche qui sont rapidement
et totalement réversibles. On parle de «fatigue myocardique induite par l’exercice». L’anomalie le plus souvent rapportée est une baisse de la fraction d’éjection du ventricule gauche associée ou non à des anomalies de la cinétique segmentaire.
Une élévation de marqueurs protéiques myocardiques tels que les troponines, le BNP ou le pro-BNP, qui sont les marqueurs les plus fidèles aujourd’hui de l’ischémie myocardique et de la charge ventriculaire. Ici, plus que la durée, c’est l’intensité qui semble le principal facteur causal. Ces valeurs reviennent à la normale dans les 24 heures.
Une élévation des BNP et du pro-BNP survient lorsqu’un étirement cellulaire augmente, en réponse à une surcharge en pression ou en volume du ventricule, au cours d’efforts d’endurance longs et d’autant plus que le sportif est âgé. Elle semble plus fréquente et indépendante de celle des troponines.

La physiopathologie de ce phénomène est encore débattue mais il ne semble pas être synonyme d’une «souffrance myocardique».


Adaptations musculo-squelettiques

1- Évolution physiologique

Comme vu sur le schéma précédent, pour développer sa force musculaire dans une activité sportive telle que le culturisme ou l’haltérophilie, tout comme celle du travailleur de force, il faut une augmentation de la masse musculaire « pour soulever plus lourd ».
Cette augmentation se fait sur des muscles particuliers, en fonction du type de mouvement exercé, en sollicitant le maillon musculaire, au niveau de la plaque musculaire. ②
Le muscle, élément dynamique, est le plus rapide à réagir avant de tendre vers un plateau. Les éléments passifs (os, tendons, ligaments et cartilage) ont une progression plus lente mais significative à long terme.
Les muscles évoluent en développant leur capillarisation (augmentation du nombre de capillaires / mm2) ; le coeur et les gastrocnémiens peuvent ainsi augmenter leur capillarisation jusqu’à 50% avant d’atteindre un plateau.

La masse osseuse se densifie, mais de manière inégale selon l’exercice, le type de sport pratiqué ou la partie du corps sollicitée.
La course permet une densification de 12% au niveau de la colonne, 9% au niveau du fémur, et 0% au niveau du radius ; la  gymnastique active à la fois la colonne, le fémur et le radius ; l’escalade donne peu de progression. De la même façon on peut déduire  que le travail de force, en fonction de la sollicitation, aura un effet divers mais toujours minimalement positif sur l’os.
L’exercice, quel qu’il soit, permet de renforcer ligaments, tendons et cartilage.
Lorsqu’on soulève une charge lourde, la contraction de tous les muscles entraîne une augmentation de la pression intra-compartimentale musculaire par un blocage circulatoire rendant la postcharge très importante. Pour forcer cet obstacle, le coeur gauche doit augmenter la pression d’éjection avec pour conséquence une hypertrophie pariétale sans augmentation de volume des cavités.

2- Limite des adaptations musculo-squelettiques

En médecine du travail, chez le travailleur de force, se pose surtout le problème de la surcharge.
Les TMS (troubles musculo-squelettiques), en très forte progression depuis une trentaine d’années, sont la conséquence de l’inadéquation entre l’appareil locomoteur et l’activité exercée. Les situations sont d’autant plus préoccupantes que les charges sont lourdes ; un suivi plus rapproché tous les 2 ans (SIR = suivi individuel renforcé) est prévu par la loi lorsque les charges habituelles dépassent les 55 kg. De même les gestes répétitifs impactent directement l’intégrité musculo-squelettique.
Et cette situation ne peut que s’aggraver avec l’âge du travailleur.

Le port de charges représente une contrainte directe pour les articulations porteuses, en particulier la hanche et le genou qui supportent le poids de l’individu additionné de la charge portée. Rappelons que lors de la marche, au moment de la posture unipodale lorsqu’un membre passe d’arrière en avant pour réaliser un nouveau pas alors que l’autre reste au sol, le poids que supportent la hanche et le genou est 4 fois le poids du corps ! Ainsi, chaque kilo additionnel compte…

Les lombalgies, les tendinites de l’épaule, les épicondylites et les pathologies du genou sont les plus fréquentes dans le monde du travail.

Au niveau cardiaque, la lutte que représente la post-charge pour le ventricule gauche entraîne hypertension artérielle et augmentation
des lipides sanguins.


Soutien homéopathique

Soulager les arythmies (médicaments des palpitations)

Crataegus dont l’origine est sympathicotonique, présente un petit coeur rapide aggravé à l’effort, le soir et en position couchée ; besoin d’air, on ouvre les fenêtres ; aggravé aux émotions.
En haute dilution : arythmie par lésion myocardique.

Digitalis présente un rythme cardiaque bi, tri quadrigéminé, et ralenti, instable, anarchique, aggravé au mouvement, la sensation que le coeur va s’arrêter si on fait un mouvement. On peut observer une insuffisance cardiaque avec oedèmes et anxiété.

Spigelia est le médicament le plus représentatif des tachycardies, le coeur bat si violemment qu’on le voit palpiter sous le thorax et à travers les vêtements ; aggravation au mouvement, couché sur le côté gauche, amélioré immobile, la tête haute, couché sur le côté droit, air frais ; peut s’accompagner d’une douleur élançante du coeur irradiant dans le bras gauche.

Cactus présente les mêmes modalités que Spigelia pour les palpitations. Il présente une hypertrophie cardiaque (coeur forcé du sportif ou sujet âgé) et a une action sur les fibres musculaires circulaires entraînant la constriction. On assiste à des poussées congestives générales et locales avec des hémorragies de sang noir coagulant facilement, une douleur constrictive du coeur irradiant dans le bras gauche avec oedème de la main gauche et irradiation dans l’auriculaire. On constate une aggravation à 11h et 23h, à l’effort, couché sur le côté gauche, une amélioration à l’air frais, couché sur le côté droit, la tête haute.

Naja est le venin du cobra royal avec un tropisme pour le X et le XI, ce qui entraîne une atteinte dépressive sur la sphère cardiaque et respiratoire avec spasmes ; il renforce l’action régulatrice cardiaque de Spigelia. Le pouls est irrégulier dans sa force jusqu’à devenir imperceptible. Les palpitations sont si fortes qu’elles s’accompagnent de dyspnée empêchant de parler. Les précordialgies irradient dans la nuque avec suffocation et une sensation de fer chaud sur la poitrine. Aggravation la nuit, couché sur le côté gauche et l’alcool.

Convallaria présente un coeur lent au repos, rapide et arythmique à l’effort. C’est un bon cardiotonique.

Adonis vernalis convient plutôt aux vieillards séniles et obèses, avec palpitations, tachyarythmie. C’est aussi un bon cardiotonique.

Glonoinum présente une tachycardie et tachyarythmie avec battements carotidiens ressentis dans la tête au moindre effort, avec des bouffées de chaleur.

Aconit chez qui tous les signes cardiovasculaires sont accompagnés d’anxiété et agitation, en particulier les palpitations paroxystiques à pouls dur et tendu.

Iodum est à rapprocher d’un terrain hyperthyroïdien avec un coeur qui bat vite, chez un sujet mince qui a toujours chaud, qui est toujours en mouvement, aggravé par l’immobilité.

Strophanthus présente des accélérations ou des ralentissements irréguliers et intermittents du rythme cardiaque avec une instabilité du pouls.

Soulager le coeur

Arnica convient à toutes les surcharges cardiovasculaires : surmenage avec cardiomégalie, coeur forcé du travailleur de force sthénique et congestif ; amélioré par l’immobilité.

Arsenicum iodatum est le médicament de l’adaptation du coeur à l’effort convenant bien au vieillard fatigué.

Aurum est le grand médicament des insuffisants cardiaques avec cardiomégalie et oedèmes ; troubles du rythme avec battements rapprochés, silences prolongés, reprise par à-coup violent.

Crataegus qui, à part les arythmies, présente aussi une insuffisance cardiaque légère et réversible avec hypotension (action en basse dilution), l’impression que le coeur emplit la poitrine, une souffrance myocardique et coronarienne.

Kalium carbonicum présente des défaillances multiples avec une fatigabilité musculaire et cardiaque : tachycardie et arythmie au moindre effort, signes de surcharge de coeur droit, crises dyspnéiques vers 4h du matin, le sujet s’asseoit dans son lit, penché en avant, transpirant et anxieux.

Lachesis, médicament majeur de la ménopause et de l’alcoolisme, présente un déficit cardiaque avec un retentissement sur le rythme et cyanose.

Strophantus est un bon cardiotonique des patients âgés présentant une dyspnée d’effort.

Sulfur qui a la sensation que son coeur est trop gros ou trop plein, souffre aussi de palpitations nocturnes.

Veratrum viride, livide ou cyanosé, souffre de défaillance cardiaque pouvant aller jusqu’à un état syncopal, avec des battements ressentis dans tout le corps, un pouls lent et arythmique.
Il complète les médicaments d’action générale en phase critique d’éréthisme cardiovasculaire (Sulfur, Arnica, Aurum, Lachesis).
Prescrit au long cours, il évite les crises.

Apocynum cannabinum est un cardiotonique des patients oliguriques, comme Scilla maritima, cardiotonique et diurétique.

Soulager le muscle

Arnica est l’incontournable médicament du muscle et des capillaires : sensation de courbatures, de contusion, aggravé par le toucher avec la sensation que le lit paraît trop dur. Efficace pour diminuer les douleurs, il est cependant déconseillé de prendre le traitement avant l’effort pour ne pas masquer la fatigue musculaire et risquer de continuer l’effort au-delà de ses possibilités.

Soulager tendons et ligaments

Rhus toxicodendron, médicament le plus souvent indiqué, est nettement aggravé par le dérouillage (les premiers mouvements matinaux), en fin de journée par surmenage articulaire, et amélioré par un mouvement lent et prolongé.

Ruta est actif sur tendons et ligaments, amélioré par le mouvement sans dérouillage matinal.

Symphytum, médicament de la consolidation des fractures et de la formation du cal osseux, permet aussi de renforcer les insertions tendineuses ou ligamentaires sur l’os.

Soulager les articulations

Calcarea carbonica, victime de troubles métaboliques (obésité, goutte, pré-diabète) dus au ralentissement métabolique, lutte contre la surcharge pondérale et soulage les grosses articulations porteuses. Il prévient les dépôts calciques péri-articulaires : ostéophytes, périarthrite calcifiante…

Natrum sulfuricum souvent en surpoids, très sensible à l’humidité sous toutes ses formes, est le médicament du rhumatisme articulaire
avec infiltration des articulations et atteinte des grosses articulations porteuses telles que les hanches, genoux, chevilles.


Conclusion

Un travailleur de force ou un sportif de haut niveau qui va bien, n’a évidemment pas besoin de traitement.
Avec l’âge et certaines pathologies adjacentes qui apparaissent au cours de la vie, la résistance à l’effort s’amenuise, l’adaptation cardiaque est moins performante. Il est alors nécessaire de se pencher sur les conditions de travail, aménager le poste pour alléger la charge du travail, proposer une aide à la manutention, réorganiser le temps de travail. Un traitement homéopathique bien conduit complète les aménagements préconisés, permet d’optimiser l’adaptation cardio-vasculaire physiologique et prévient les complications pathologiques dues à la charge du travail au niveau musculo-tendino-articulaire.

Dr Olga Latanowicz

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Pr François Carré (Hôpital Pontchaillou, Rennes), « Le coeur forcé du sportif », Club des cardiologues du sport, Cardio&Sport •
n°21, www.cluccardiosport.com
Dr Stéphane Doutreleau (Service de Physiologie et d’Explorations Fonctionnelles, Strasbourg), « La fatigue myocardique », Club
des cardiologues du sport, Cardio&Sport • n°21, www.cluccardiosport.com

 

« Les voies et les chemins d’où qu’ils partent,
où qu’ils aillent ne font que venir à l’endroit où nous sommes »
Patrick Chamoiseau

 

Le masculin en homéopathie

En mars 2014, le numéro 240 de notre revue avait pris le thème de la femme éternelle pour aborder cette moitié de
l’humanité médicale par le bon bout de la santé plutôt que de la pathologie.
En juillet 2016, le numéro 252 reprenait l’angle de la pathologie avec un thème consacré à la gynécologie et à l’obstétrique.
Plus récemment en décembre 2017, nous faisions dans le numéro 259 un focus sur le sein, sa figure symbolique autant que sa fragilité et ses pathologies.

Le premier médecin qui eut l’idée d’utiliser la partie embryonnaire des végétaux fut le Dr Pol Henry de Bruxelles.
Il était fils de forestier et médecin homéopathe. Il affectionnait les grands arbres des bois de la Cambre et de la forêt de Souane. Il eut cette intuition que la partie la plus active d’un arbre ne pouvait être que les bourgeons, riches de toutes les potentialités futures du végétal.
Cela faisait rupture avec la phytothérapie classique qui utilise principalement la plante entière fleurie, des rameaux, des feuilles, des écorces, ou toutes autres parties de la plante ayant atteint le développement de plante adulte. Le bourgeon n’avait pas retenu l’attention avant lui.

La lecture du N°261 des Cahiers de Biothérapie consacré au « Masculin » m’a emmenée au pays des souvenirs.

  1. D’abord, à propos du Dr Pol Henry. à l’occasion d’un congrès d’homéopathie à Strasbourg en 1956, ce médecin homéopathe, passionné par les arbres et leurs pouvoirs, a présenté un travail sur la phyto-embryothérapie.
    Le Dr Julian, esprit ouvert et curieux, fait alors sa connaissance.